Révolte en Libye

18 février 2011 09:21; Act: 18.02.2011 14:06 Print

Déjà 24 manifestants tués depuis mardi

Des militaires étaient déployés vendredi matin dans la deuxième ville de Libye, Benghazi, tandis qu'un bilan d'Human Right Watch fait état de 24 tués depuis mardi.

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Des milliers de personnes sont descendues dans la rue à Benghazi au cours de la nuit pour protester contre la répression meurtrière de manifestations antigouvernementales.

D'autre part, les obsèques des personnes tuées à Benghazi et Al Baïda devraient avoir lieu ce vendredi et risquent de catalyser un peu plus le mécontentement.

24 morts selon Human Right Watch

L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) indique que selon ses propres sources en Libye, les forces de sécurité ont tué au moins 24 personnes lors de leurs interventions contre les manifestants mercredi et jeudi.

Un habitant vivant sur la principale artère de Benghazi, la rue Nasser, a déclaré vendredi matin à Reuters que le calme était revenu dans la ville, où l'on ne signalait pas pour l'instant de nouvelles manifestations. Toutefois, a-t-il ajouté «La nuit a été très difficile, il y avait beaucoup de monde dans les rues, des milliers de personnes. Maintenant, c'est calme. Je vois des soldats dans la rue».

Citant un témoin, la BBC-radio indique que des heurts se sont produits entre les manifestants de Benghazi et les forces de sécurité, qui ont tiré à balles réelles. Des médecins ont dénombré dix tués dans cette ville de plus de 700'000 habitants, située à un millier de kilomètres à l'est de la capitale Tripoli.

Un autre habitant de Benghazi, qui dit avoir été en contact avec des habitants d'Al Baïda, une ville voisine, a déclaré à Reuters: «La confrontation entre manifestants et partisans de (Mouamar) Kadhafi (le numéro un libyen) se poursuit, et certains policiers sont devenus agressifs(...). Il y a beaucoup de morts». Des sources locales avaient fait état à Reuters, un peu plus tôt, d'au moins cinq morts à Al Baïda.

Selon Abdullah, interrogé par Al-Jazira, le gouvernement aurait relâché, armé et payé une trentaine de prisonniers pour qu'ils se battent contre les manifestants.

Un fils de Kadhafi à la rescousse

Un habitant a en outre indiqué que l'homme d'affaires Saadi Kadhafi, l'un des fils du numéro un, avait déclaré à la radio libyenne qu'il allait se rendre à Benghazi pour y assumer la fonction de maire et assurer la protection de la population.

Des manifestants s'attaquent à un monument représentant le «livre vert», qui rassemble les préceptes de Mouammar Kadhafi, dans la ville de Tobrouk.

(reuters/cga/ats)