Ukraine

02 juillet 2014 18:58; Act: 02.07.2014 19:05 Print

Moscou prédit une «crise gazière» à l'automne

Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a prédit mercredi «une crise gazière de grande ampleur à l'automne». Le bras de fer a continué mercredi entre Kiev et Moscou.

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Après des opérations militaires dans l'est de l'Ukraine, Moscou juge difficile de reprendre des discussions avec les autorités ukrainiennes. Pendant ce temps, des diplomates se démènent pour progresser vers un cessez-le-feu.

Le président ukrainien Petro Porochenko n'a pas reconduit, mardi, la trêve dans l'est de l'Ukraine, dénonçant les «activités criminelles» des séparatistes prorusses. Diverses opérations des forces gouvernementales ont été menées depuis.

Celles-ci ont provoqué mercredi une riposte des séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine. Des tirs de mortier sur un poste-frontière a fait au moins un mort.

Les affrontements entre les forces de l«'opération anti-terroriste» et les rebelles ont fait quatre morts en 24 heures du côté de Kiev, trois soldats et un garde-frontière, a annoncé le porte-parole du Conseil de sécurité nationale et de défense, Andriï Lysenko. Il a indiqué que l'opération a permis de libérer trois villages: Staryi Karavan, Zakotne et Drouzivka.

De leur côté, les rebelles ont affirmé, sans donner de bilan précis, que des bombardements aériens près de Lougansk ont fait au moins une dizaine de morts parmi la population civile, selon le porte-parole de la «République populaire de Lougansk» autoproclamée, Volodymyr Inogorodtsev. Celui-ci est cité par l'agence russe Ria Novosti.

«Erreur dramatique»

Dans la journée, le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a jugé qu'il serait «bien plus difficile» de reprendre les discussions sur l'Ukraine à présent que le président Petro Porochenko n'a pas reconduit le cessez-le-feu. Il s'agit d'une «erreur dramatique», a-t-il dit.

«Cela provoquera davantage de victimes. Et c'est lui désormais qui en est personnellement responsable», a expliqué M. Medvedev dans un communiqué diffusé via Facebook.

Le Premier ministre russe pronostique en outre une crise gazière cet automne. «L'Ukraine ne paye pas pour le gaz. Sa dette est énorme. Ils prennent du gaz dans les réservoirs souterrains. Il y aura à l'automne une crise gazière de grande ampleur», écrit-il.

Efforts diplomatiques

Malgré ces tensions, les efforts diplomatiques continuent pour tenter de calmer la situation. Les ministres des Affaires étrangères russe et ukrainien, Sergueï Lavrov et Pavlo Klimkine, et leurs homologues allemand Frank-Walter Steinmeier et français Laurent Fabius se sont réunis à Berlin.

«Nous ne cesserons pas de rechercher des solutions diplomatiques mais nous sommes très éloignés de là où nous voudrions être», a souligné la chancelière allemande Angela Merkel. Déplorant que le plan de paix de Porochenko ait été ignoré lors du cessez-le-feu, elle n'a pas exclu une aggravation des sanctions européennes contre la Russie.

«Il est regrettable que le cessez-le-feu unilatéral de dix jours proclamé par le président ukrainien (...) n'ait pas été accepté du côté des séparatistes», a-t-elle déclaré. Elle n'a pas commenté le non-renouvellement du cessez-le-feu par Kiev.

«Il faut être deux»

Les Européens, sans manifester explicitement leur mécontentement à Kiev, ont observé un silence réprobateur après le non-renouvellement du cessez-le-feu par le président ukrainien Petro Porochenko. Les Américains, en revanche, ont adopté une position plus favorable à son égard.

«Il faut être deux pour observer un cessez-le-feu», a déclaré mardi la porte-parole adjointe du Département d'Etat Marie Harf. «Le président Porochenko a mis en place un cessez-le-feu de sept jours, l'a respecté, l'a prolongé de trois jours. Mais le fait est que de nombreux séparatistes n'y ont pas adhéré et qu'il a le droit de défendre son pays».

(ats)