Votations

10 février 2014 07:07; Act: 10.02.2014 11:34 Print

«La Suisse dit «Fuck the EU»

Les réactions et les interrogations étaient nombreuses, lundi, dans la presse européenne, au moment de disséquer les conséquences du vote contre l'immigration de masse.

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08.02.2015 Le «oui» du peuple et des cantons suisses à l'initiative «contre l'immigration de masse» pèse depuis une année sur les relations entre Berne et l'Union européenne (UE). 10.12 Les ambassadeurs des Etats membres de l'UE ont adopté mercredi les «conclusions» sur les relations avec la Suisse. Les Vingt-Huit estiment que les bilatérales et l'accord de Schengen/Dublin sont menacés par l'initiative «contre l'immigration de masse» et demandent à la Suisse de «respecter ses engagements aux termes de l'accord sur la libre-circulation et des autres accords». 08.12 Les pays de l'UE soutiennent la décision de la Commission européenne de ne pas renégocier l'accord sur la libre circulation avec la Suisse. Selon eux, la mise en oeuvre de l'initiative de l'UDC sur l'immigration de masse menace aussi les Accords bilatéraux I et Schengen/Dublin. 05.03 La Suisse avait décidé d'allouer 306 millions de francs pour sa participation au nouveau programme Erasmus, mais Bruxelles attendait un plus grand investissement, a confirmé mercredi Johann Schneider-Ammann. Après l'acception de l'initiative de l'UDC, Bruxelles a décidé d'écarter la Suisse du programme d'échange d'étudiants «Erasmus plus». 05.03 Le site www.helpline-blocher.org, lancé pour recueillir les messages d'étudiants qui s'estiment pénalisés par le vote du 9 février et ses conséquences sur le programme Erasmus, a déjà recueilli des centaines de témoignages. 03.03 Il n'y a aucune raison de stopper les discussions avec l'Union européenne (UE) à la suite du vote du 9 février sur l'immigration de masse, a affirmé lundi à Genève le président de la Confédération, Didier Burkhalter. 02.03 Johann Schneider-Ammann défend la décision de ne pas intégrer l'UDC au sein du groupe de travail institué pour la mise en oeuvre de l'initiative sur l'immigration de masse. 28.02 Le Conseil fédéral n'a pas intégré l'UDC dans le groupe de travail chargé de mettre en oeuvre l'initiative sur l'immigration de masse, a-t-on appris vendredi. La ministre de justice et police Simonetta Sommaruga ainsi que le ministre de l'économie Johann Schneider-Ammann ont convoqué une rencontre le 13 mars. 27.02 Depuis le scrutin du 9 février, les administrations cantonales romandes enregistrent une hausse des demandes de naturalisations. Dans le canton de Vaud notamment, elles ont passé à 23,3 démarches par jour du 10 au 25 février, alors que leur nombre s'élevait à 15,8 dossiers du 1er janvier au 9 février. 26.02 La Commission européenne a confirmé mercredi que la Suisse ne participerait plus aux programmes «Horizon 2020» et «Erasmus plus» qu'au titre d'Etat tiers. Quelque 10'000 étudiants suisses au total ont bénéficié du dispositif Erasmus entre 2010 et 2013. 21.02.14 «Dorénavant, la zizanie est un luxe», a déclaré vendredi Johann Schneider-Ammann 14.02 Le conseiller d'Etat genevois MCG Mauro Poggia regrette que son parti ait soutenu l'initiative UDC «Contre l'immigration de masse». 13.02.14 Le ministre de l'Economie, Johann Schneider-Ammann, est convaincu que la Suisse trouvera des solutions pragmatiques à la mise en oeuvre de l'initiative sur l'immigration, mais craint toutefois une perte d'attractivité pour les entreprises. 12.02 Le fromage helvétique pourrait faire les frais du vote sur l'immigration, selon les promoteurs d'un des produits symboliques de la Suisse. 12.02 Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, estime que la Suisse a plus à perdre que l'Union européenne. 12.02 Le président du PS Christian Levrat propose d'appliquer l'initiative de l'UDC sur l'immigration de masse dans les cantons où elle a été acceptée. 12.02 L'ambassadeur de l'UE en Suisse, Richard Jones, avertit la Suisse: «Ce n'est pas du bluff. (...) Aucun Etat-membre n'est prêt à faire un trait sur la libre circulation des personnes.» 11.02 «La situation est difficile, mais ce n'est pas la fin du monde», a déclaré mardi Didier Burkhalter, entendu en matinée par la commission de politique extérieure du Conseil national. Pour Micheline Calmy-Rey, c'est une erreur d'uniquement réagir à l'UDC en évoquant une catastrophe sans défendre d'alternative, a-t-elle plaidé mardi à Genève. Il faudra «travailler plus et plus longtemps pour compenser la diminution de l'apport migratoire», prédit l'ancien conseiller fédéral Pascal Couchepin (PLR/VS) dans «Le Temps» de mardi 11.02.2014. A l'image de plusieurs représentants européens de la droite populiste, la présidente du FN Marine Le Pen s'est félicitée du vote des Suisses. «De notre point de vue, le résultat soulève beaucoup de problèmes», a déclaré Steffen Seibert, porte-parole du gouvernement d'Angela Merkel. Les frontaliers italiens ont exprimé lundi leur inquiétude quant au vote des Suisses sur l'immigration de masse. «Les frontaliers seront mis au même niveau que les migrants clandestins», a regretté Antonio Locatelli, président des frontaliers de la région Verbania-Cusio-Ossola (It). Le député UMP François Fillon estime que le vote des Suisses est «naturel» et qu'il faut s'en inspirer. 10.02.14 Le ministre des Affaires étrangères français Laurent Fabius a indiqué lundi que le vote de la veille était une «mauvaise nouvelle à la fois pour l'Europe et pour les Suisses, puisque la Suisse refermée sur elle-même, ça va la pénaliser». La presse européenne se faisait largement l'écho du scrutin lundi, s'interrogeant sur l'avenir des relations de la Suisse avec l'Union européenne. L'hebdomadaire allemand «Die Zeit»: «La Suisse dit «Fuck the EU» «The Independent» relève que le scrutin plonge les relations entre la Suisse et l'UE «dans la confusion». «Les Suisses ne veulent plus de la libre circulation des Européens dans leur pays», a titré le site du «Soir». Pour «Die Welt», la Suisse est «un pays divisé». «La Suisse claque la porte de l'Union européenne» écrit «El Pais». A Berne, quelque 500 à 600 personnes ont manifesté leur désapprobation. Des manifestations spontanées ont eu lieu dans plusieurs villes alémaniques dimanche soir, comme ici à Zurich. Pour Simonetta Sommaruga, «il faut faire vite», le texte fixe un délai de trois ans pour sa mise en oeuvre, tout en laissant de nombreuses questions ouvertes. Les conseillers fédéraux Didier Burkhlater et Simonetta Sommaruga ont pris acte du choix des Suisses. Le texte a été accepté par 50,3% des voix. L'initiative a été soutenue par 1,46 million de personnes. Plus de 1,44 million d'autres ont dit «non». Dimanche 9 février 2014, les Suisses se sont rendus aux urnes pour s'exprimer sur l'initiative UDC contre l'immigration de masse.

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En France, le quotidien du monde des affaires, «Les Echos», évoque «un résultat aux conséquences économiques difficiles à prévoir». Les électeurs suisses ont dit oui, d'une courte majorité (50,3%), à une limitation de l'immigration lors d'un référendum intitulé «Contre l'immigration de masse» lancé par l'UDC de Christoph Blocher. Le quotidien français relève que ce parti de droite est excédé par la forte hausse du nombre d'immigrés depuis l'adhésion de la Suisse à la libre-circulation en Europe.

Le quotidien français de gauche «Libération» juge que, avec ce résultat, «les Suisses ferment les frontières». Le politologue Jean-Yves Camus estime dans les colonnes du quotidien que «l'égoïsme économique est la principale composante de ce vote». «Les Suisses votent pour l'instauration de quotas», annonce de son côté, en Une, «Le Figaro,» d'influence de droite.

Pour le journal communiste «L'Humanité», «l'extrême droite de Blocher a remporté son pari en faisant adopter un drastique plafonnement de l'immigration».«Immigration de masse : les Suisses disent stop», résume le journal gratuit «Metronews».

En Allemagne, le journal conservateur «Die Welt» estime que «la Suisse doit revoir sa proximité avec l'UE». «Continuer comme ça n'est pas une option. L'UDC va apprendre à quel point il est difficile de séparer les aspects positifs des contrats bilatéraux avec Bruxelles des aspects non désirés», souligne le quotidien.

«Die Zeit» titre de manière forte: «La Suisse dit «Fuck the EU», en référence aux propos tenus jeudi par une diplomate américaine au sujet de la position de l'Union européenne sur la crise ukrainienne. L'hebdomadaire allemand relève que les Suisses n'ont «pas voté dimanche avec la tête, mais avec l'estomac», soulignant que le pays va au-devant d'une «période troublée».

En revanche, le «Berliner Zeitung» se montre plus compréhensif: «Ceux qui se moquent ici de la peur d'être envahi par les étrangers devraient au moins réfléchir au fait qu'en Suisse, le pourcentage des étrangers est, avec 23% de la population totale, presque trois fois plus important qu'en Allemagne.»

Le quotidien belge «Le Soir» titre de façon provocatrice: «Les Suisses aux Européens: dehors!» Le quotidien francophone note que «c'est tout l'échafaudage des accords bilatéraux de la Suisse avec l'Union européenne qui est assuré de s'écrouler, pour 19'516 voix sur près de 3 millions de votants».

En Espagne, le quotidien de centre-gauche «El Pais» juge sur son site internet que «ce résultat contraindra l'Union européenne à repenser son étroite relation avec la Suisse et met fin à libre circulation des personnes en vigueur depuis 2002». Ce référendum «ouvrira une crise politique sérieuse entre les deux interlocuteurs».

Dans sa version papier, «El Pais» publie un éditorial intitulé «Conséquences perverses» dans lequel il affirme que «la victoire des opposants à l'immigration de masse en Suisse aura des conséquences pour tout le monde en Europe». «Non seulement cela remet en question l'accord sur la libre circulation des personnes établi avec l'UE, mais cela reflète aussi l'agitation populiste et xénophobe parcourant le Vieux Continent, moins de trois mois avec les élections européennes». «Il s'agit là du pire résultat possible pour la majorité des hommes politiques et les entreprises suisses.»

Pour le quotidien conservateur espagnol «ABC», ce référendum «met en danger les liens (de la Suisse) avec l'Union européenne». «Ce résultat a surpris la classe politique et représente un camouflet pour la politique européenne du Conseil fédéral, qui doit maintenant repenser ses relations politiques avec l'UE.»

(20 minutes/afp)

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Commentaires sélectionnés

Le principale conséquence de ce referendum ce n'est pas une restriction de l'immigration mais l'arret de toute coopération bilatérale entre la Suisse et les pays de l'UE Le principe de liberté de circulation est un principe fondamental de l'Union Européenne. La Suisse ferme ses frontières donc elle ne pourra plus acceder au marché unique européen qui lui permettait d'exporter ses marchandises à 500 millions de consommateurs. Ce referendum est un coup de poignard pour toutes les entreprises suisses exportatrices – pierre

je me demande quels seraient les résultats et les commentaires si ce sujet n'était pas estampillé UDC.. je crois que ces débats n'aurait pas lieu d'être. moi en lâche peureux j'ai voté non. mais avec le recul et la réflexion je suis ravi du résultat. avant 2002 tout fonctionnait très bien, je ne vois pas ce que économiquement va changer. – soni

J ai un permis C et suis ne ici il y a 28 ans.Je ne trouverai plus jamais de travail au cas ou je souhaite changer d employeur. Merci aux enfants d immigres et autres faux jetons d avoir vote oui...et de nous melanger aux frontaliers. – Stronzi

Les commentaires les plus populaires

  • Mr. Trolololo le 10.02.2014 00:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Traitre?

    Je suis un étranger naturalisé suisse. Je suis né il y a plus de 20 ans ici et toute ma famille a voté "oui". Nous sommes des traîtres? Non, juste qu'il y a 30-40 ans, mes parents ont du travailler dure et s'adapter au pays qui nous les ont accuillis. Aujourd'hui, un immigré connaît toutes les combines/astuces pour profiter du chômage ou AI sans savoir parler un seul mot français, et tout cela en 2-3 ans. Et cela rend totalement fou mes parents qui sont là depuis plus de 30 ans. Merci mes parents, merci la Suisse !

  • Marie le 09.02.2014 23:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ayant travaillé dans le domaine

    Stop il faut remettre l'église au milieu du village ! On parle de quota, de reguler pas de fermer les frontières ! Pour remettre les patrons devant leurs obligations. Trouvez-vous normal qu'un employeur aille chercher un Croate dans son pays pour le payer au lance pierre à la place de prendre le Croate qui a une vie en Suisse donc coutent plus cher ?? Experiences vécues dans le domaine des demandes des permis de séjour

  • Filipe le 09.02.2014 23:50 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ...

    je pense que ce que beaucoup de gens oublient, c'est que la Suisse reste un pays démocratique. Que cette votation plaise ou pas, le principe de la majorité est tout de même respecté. Il faut arrêter de rager dès que quelque chose nous déplait.

Les derniers commentaires

  • Florence le 13.02.2014 20:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Merci Éric !

    Éric ZEMMOUR et la Suisse ...

  • Olivier le 13.02.2014 06:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Votation

    La question que je me pose : combien de ceux qui critiquent le résultat de cette votation ont été voté ? Si ils sont déçu du résultat, faut qu ils aillent voter la prochaine fois au lieu de gueuler après.

  • fafa le 13.02.2014 04:44 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    non à l UE

    nous non plus on bluff pas!!!

  • kiri le 13.02.2014 00:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    remise a plat

    Plus loin que la question de l'immigration, il y a une question institutionnelle à se poser: quel est la population maximale que le peuple suisse se fixe? Doit-on devenir une sorte d immense ville ou veut on sauvegarder nos campagnes? En partant de la on se rend compte qu'on ne peut accepter la misere du monde ici mais tenter de la supprimer ailleurs ce qui a d ailleurs le plus de sens politiquement et economiquement parlant. Deuxièmement, il faut voir ce vote comme une sanction envers nos amis Levrat et autres qui pense plus a des grands ideaux qu a nos petits problèmes. Effectivement cette initiative, contre laquelle j ai personnellement voté, ne reglera pas la plus grande partie des problèmes avancée par lUDC, mais elle a moins le mérite de rappeler la direction que veulent les suisses pour leur pays. Troisièmement, cette initiative est un rappel a l UE que nous n en sommes pas membre et qu'il est temps d'arreter de nous forcer la main. Quand a la clause guillotine, il faut l unanimité des pays membres pour l appliquer et elle mettrait fin a des accords que nous sommes les seuls a respecter correctement. Finalement est ce que l Allemagne accepterait de s assoir sur 50 milliards de commerce avec la Suisse au nom de cette libre circulation dressé comme pilier de l europe alors qu on sait tous que la raison d être de l europe est financière et peut être aussi representative? J en doute. l avenir nous dira comment cette initiative sera appliquée et quelles conséquences elle aura.

  • SPQR le 12.02.2014 23:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Canton aux habitants miniatures

    Les romains savaient deja que les germaniques sont incapables d apprendre a etre civilise. Ce qui a vraiment fait penche la balance c est les tessinois... Ticinesi, a mortacci vostra! Pour faire un peu dans la metaphore, quand vous serez a genoux dans l arene, l UE devra avoir le pouce en haut ou en bas? Il y avait d autres manieres de regler les choses a l amiable mais il a fallu choisir la plus radicale bien sur.