Justice britannique

24 février 2011 11:25; Act: 24.02.2011 15:23 Print

Assange peut être extradé vers la Suède

Un tribunal londonien a jugé recevable la demande d'extradition de Julian Assange vers la Suède. Ses avocats ont annoncé qu'ils allaient «faire appel».

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24.09 Le soldat Bradley Manning veut changer de sexe. Il a porté plainte pour pouvoir accéder à un traitement hormonal. Ci-dessus, une image du soldat grimé en femme. 19.06 Julian Assange est planqué depuis un an à l'ambassade d'Equateur, à Londres. 05.12 Julian Assange se rend une fois encore devant la justice pour tenter d'éviter une extradition vers la Suède. 02.11 La Haute Cour de Londres a confirmé mercredi l'extradition du fondateur de WikiLeaks Julian Assange vers la Suède, un jugement qui survient après onze mois de bataille juridique mais est susceptible d'appel devant la Cour suprême. Le soldat américain Bradley Manning, incarcéré pour avoir fourni à WikiLeaks des milliers de documents confidentiels américains, a été inculpé par la justice militaire, le 2 mars 2011. Julian Assange déguisé en femme, en mai 1995 dans les rues de Melbourne. Le manoir d'Ellingham Hall, près de Londres, où Assange passera son assignation à résidence. 16.12 Julian Assange devant la Haute cour de Justice de Londres qui a prononcé sa mise en liberté conditionnelle. La Haute Cour de Londres a accordé la liberté conditionnelle à Julian Assange le 16 décembre en appel. Des manifestants devant la Haute cour de Londres, le 16 décembre. Manifestant devant le consulat britannique à Sao Paulo, samedi 11 décembre. Protestation en faveur d'Assange à Madrid, samedi 11 décembre. Supporter de WikiLeaks, Barcelone, samedi 11 décembre. A gauche le logo de la nébuleuse Anonymous et à droite le logo de l'opération "Payback" en soutien à WikiLeaks de ce même collectif. Kristinn Hrafnsson, le nouveau visage de WikiLeaks après l'arrestation de Julian Assange. Claes Borgstrom est l'avocat des deux Suédoises qui accusent Julian Assange de viols et d'agressions sexuelles. De nombreuses personnes se sont réunis le 7 décembre devant la Cour de justice de Westminster. Ils demandaient la libération du co-fondateur de WikiLeaks. Julian Assange est sous le coup d'un mandat d'arrêt international. Julian Assange, arrêté mardi matin 7 décembre par Scotland Yard, devait comparaître devant la Cour de justice de Westminster, selon la Cour. L'un de ses avocats londoniens, Mark Stephens (Photo), a déclaré à son arrivée au tribunal que son client «allait bien», et que l'audition par la police britannique avait été «très cordiale». «Ils ont vérifié son identité», a-t-il expliqué. «Ils se sont assurés qu'il s'agit bien de Julian Assange et nous sommes prêts à comparaître», a-t-il ajouté devant une meute de journalistes qui assiège le tribunal, situé au coeur de Londres près du Parlement. Une voiture censée transporter le fondateur de WikiLeaks est entrée par un portail du tribunal, sans qu'on puisse distinguer formellement Julian Assange à l'intérieur. La fiche d'Assange sur le site internet d'Interpol. Le 7 décembre, Julian Assange, 39 ans, «a été arrêté en vertu d'un mandat européen à 09H30 GMT», alors qu'il se présentait devant la police, a précisé Scotland Yard. Julian Assange doit répondre des accusations de «coercition, agression sexuelle et viol» à l'encontre de deux femmes, pour des faits qui auraient été commis en août en Suède. Julian Assange est en passe de devenir une figure culte: différents sites internet vendent des tee-shirts à son effigie. Le 30 novembre 2010, le fondateur de WikiLeaks a été placé par Interpol sur la liste des personnes les plus recherchées. Assange est recherché en Suède pour des affaires de «viol, agression sexuelle et coercition». L'une des victimes, une Suédoise de 30 ans, avait organisé un séminaire à l'Université d'Uppsala sous le titre "La première victime d'une guerre est la vérité". Assange y avait été invité à présenter sa plate-forme. Assange aurait suivi la femme après une fête et l'aurait violée. La deuxième victime est une photographe, qui aurait fait la connaissance d'Assange lors de la même fête. L'Australien a jusqu'ici toujours proclamé son innocence et parlait d'une campagne des services secrets US contre sa personne. Julian Paul Assange est né le 3 juillet 1971 à Townsville, Queensland, en Australie. Ses parents étaient des comédiens ambulants. En raison d'une dispute concernant la garde de son demi-frère, Julian Assange et sa mère ont été contraints de fuir en permanence et de se cacher, ce qui a amené l'enfant à devoir fréquenter successivement 37 écoles différentes, suivies de 6 autres universités australiennes. Assange a fait ses premiers pas d'informaticien grâce au Commodore 64 offert par sa mère. En 1987, il acquiert un modem et, sous le pseudonyme "Mendax", il commence ses premières activités de hacker. Simultanément, Assange étudie les mathématiques et la physique à l'Université de Melbourne. Alors qu'il était hacker, Assange fait la connaissance de sa future femme. En 1989, ils emménagent ensemble et ont un fils, Daniel (photo), en 1990. Un an plus tard, le couple se sépare. Le fils de Julian a refusé de le suivre lorsque celui-ci a décidé de quitter l'Australie. Daniel décrit son père comme quelqu'un de très intelligent. Julian Assange estime que certaines personnes ne sont pas en mesure d'atteindre son niveau et de comprendre ses idées. Les débuts de WikiLeaks datent de décembre 2006. Assange a publié, sur son site Wikileaks plus de 400 000 documents confidentiels relatifs aux modes opératoires de l'armée américaine en Irak. La structure de la plate-forme et son financement restent secrets. Seul Assange est sur le devant de la scène. L'ancien porte-parole de presse d'Assange, l'Allemand Daniel Domscheit-Berg, conseillait "à personne de collaborer avec lui". En janvier 2008, le serveur WikiLeaks publiaient plusieurs documents sur des clients de Julius Bär aux îles Cayman. Les noms de 12 personnes étaient clairement notifiés. Au printemps 2010, WikiLeaks transporte ses serveurs en Suède. Début avril 2010, WikiLeaks fait sensation au niveau international en publiant une vidéo des attaques aériennes à Bagdad du 12 juillet 2007. Un soldat US, Bradley Manning, aurait transmis les informations. Le jeune homme de 22 ans a été arrêté après la publication des enregistrements vidéo de l'hélicoptère Apache. Le 28 novembre 2010, Wikileaks refait sensation en publiant plus de 250 000 documents diplomatiques américains.

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Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, a enregistré jeudi un nouveau revers devant la justice. Un tribunal londonien a validé le mandat d'extradition émis à son encontre par la Suède pour une affaire de viol. Mais il a aussitôt annoncé sa décision de faire appel.

«Je dois ordonner l'extradition de M. Assange vers la Suède», a déclaré le juge Howard Riddle. Il a balayé l'argument selon lequel l'Australien de 39 ans serait victime d'une machination et d'un «abus de droit» de la part de la justice suédoise qui a émis un mandat d'arrêt européen contre lui.

L'Australien de 39 ans dément formellement les accusations d'agression sexuelle et de viol, portées par deux Suédoises. Ses avocats avançaient que les faits reprochés à leur client ne constituaient pas des délits au regard de la loi britannique.

Dans ses attendus, le juge Riddle a au contraire estimé que Julian Assange «avait délibérément eu une relation sexuelle (avec l'une des deux Suédoises) profitant de manière malhonnête du fait qu'étant plongée dans le sommeil, elle se trouvait désarmée». «Dans ce pays, cela équivaut à un viol», a-t-il tranché.

Respect et confiance

Le juge n'a pas davantage retenu l'argument de la défense selon lequel M. Assange ne pourrait pas bénéficier d'un «procès équitable» en Suède au prétexte que les affaires à caractère sexuel se traitent généralement à huis-clos dans ce pays.

Il a estimé sans fondement l'argument selon lequel Julian Assange pourrait être extradé ultérieurement de Suède vers les Etats-Unis, avec le risque de se retrouver emprisonné sur la base américaine de Guantanamo, voire condamné à mort. L'extradition de M. Assange est une affaire entre le Royaume-Uni et la Suède qui ne concerne pas les Etats-Unis, a réagi jeudi le département d'Etat.

Enfin, M. Riddle a jugé «hautement improbable» que des déclarations du premier ministre Suédois Fredrik Reinfeldt, qui a invité la défense de M. Assange à prendre davantage en compte «les droits des femmes et leurs points de vue», soient de nature à entraîner un climat «toxique» préjudiciable à la sérénité de la justice.

En validant le mandat d'arrêt européen émis par la Suède, le juge Riddle a fait valoir «le respect mutuel et la confiance du tribunal envers les autres tribunaux européens».

Costume sombre

«Nous allons faire appel», a immédiatement annoncé au tribunal Geoffrey Robertson, qui dirige l'équipe d'avocats de Julian Assange. Ce dernier, en costume sombre et cravate, n'a pas cillé à l'énoncé de la décision intervenant après trois mois d'instruction. Un second avocat, Mark Stephens, a précisé que l'appel serait déposé sous huitaine devant la Haute Cour de justice de Londres.

Depuis Stockholm, le défenseur des deux jeunes Suédoises à l'origine des poursuites contre Julian Assange a déploré le nouveau retard qu'engendrera ce recours. «Assange devrait respecter les principes qu'il a exprimés à travers WikiLeaks et prendre ses responsabilités. J'ai dit à mes clientes que j'espérais que cela sera terminé avant l'été», a déclaré l'avocat Claes Borgström à l'agence suédoise TT.

L'Australien de 39 ans s'était rendu à la police britannique le 7 décembre et avait été libéré sous caution en appel, après neuf jours de détention. Il est depuis lors assigné à résidence dans le manoir d'un partisan, perdu dans la campagne anglaise à 200 km au nord-est de Londres.

Protestation

Une vingtaine de partisans de Julian Assange ont protesté jeudi devant l'enceinte du tribunal de Belmarsh, affirmant que le fondateur de WikiLeaks était victime d'une «machination». Selon eux, ses démêlés judiciaires visent en fait à sanctionner la diffusion par WikiLeaks de câbles diplomatiques confidentiels américains, au grand dam de Washington et de nombreuses capitales.

Certains avaient revêtu une combinaison orange évoquant la tenue des prisonniers de la base américaine de Guantanamo, d'autres brandissaient des pancartes proclamant: «Sauvez WikiLeaks» et «Maintenez libre la liberté».

(ap/afp)