WikiLeaks - Affaire Kadhafi

02 février 2011 15:48; Act: 02.02.2011 15:55 Print

La Suisse a joué la carte des visas dès 2008

La Suisse a tenté de jouer la carte des visas dès octobre 2008 pour permettre à un de ses ressortissants de quitter la Libye, selon un document publié sur le site WikiLeaks.

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Selon ce télégramme diplomatique américain, l'ambassadeur de Suisse à Tripoli, Daniel von Muralt, a lié l'attribution d'un visa à la fille d'un haut dignitaire libyen à l'autorisation pour un Suisse de quitter le pays.

Cet homme d'affaires avait été arrêté et privé de documents de voyages peu après l'arrestation d'Hannibal Kadhafi à Genève en juillet de la même année. La jeune fille, elle, devait se rendre en Suisse pour y suivre un traitement contre le cancer.

Daniel von Muralt «n'a pas reçu de réponse», précise le document, daté du 27 octobre 2008. Quatre jours plus tard, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) annonçait toutefois que sept ressortissants suisses avaient été autorisés à quitter la Libye.

«Avertissement»

Pour l'ambassadeur suisse, le durcissement de la crise constitue «un avertissement» pour Berne, qui a été «surpris de voir que sa volonté de compromis a échoué», souligne le câble diplomatique.

Dans un autre télégramme américain, daté de janvier 2009, le diplomate va plus loin et juge que la position suisse était «trop molle» au début de la crise, ce qui avait permis à Tripoli d'accroître ses exigences envers la Confédération. Ce n'est qu'à l'automne 2009 que la Confédération va durcir sa position, en bloquant l'octroi de visas Schengen à des dignitaires libyens.

Paradoxalement, selon ces documents, l'une des premières victimes de cette décision serait Saif al-Islam, l'un des fils de Mouammar Kadhafi, considéré comme un modéré. Saif al-Islam avait rencontré Micheline Calmy-Rey au Forum de Davos (WEF) en janvier 2009 et Berne a négocié avec sa fondation pour tenter de trouver une issue à la crise.

(ats)