Marché monétaire

25 mars 2011 12:19; Act: 25.03.2011 12:31 Print

La force du franc pèse sur les entreprises

Les entreprises helvétiques sont toujours aussi nombreuses à souffrir de l'appréciation du franc suisse, selon une enquête de la BNS.

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Au premier trimestre 2011, elles étaient 47% à subir un impact négatif, contre un taux de 45% au quatrième trimestre 2010.

Ces 47% se décomposent en 23% qui déplorent un impact fortement négatif et 24% qui notent un impact modérément négatif, a indiqué la Banque nationale suisse (BNS) en publiant vendredi son bulletin trimestriel. Le phénomène a beaucoup fait parler ces derniers mois, mais déploie ses effets depuis la mi-2007 en fait.


Industrie en première ligne

Sans surprise, il apparaît que c'est l'industrie manufacturière qui se plaint le plus. Le taux signifiant un impact modéré ou fort a atteint 79% (dont 51% pour le qualificatif fort). Il a toutefois évolué dans la stabilité entre les derniers mois de 2010 et les premiers de 2011.

Les exportations constituent l'activité la plus pénalisée, constate la grande majorité des entreprises qui, du coup, voient leurs marges fondre. Ce facteur est causé dans la plupart des cas par une baisse des prix exprimés en francs suisses, seules 37% des firmes enregistrant un recul des quantités.

Concernant les mesures destinées à contrer le phénomène, il ressort qu'un quart des entreprises industrielles n'en prend aucune. La solution d'un relèvement des prix à l'étranger a été retenue par 15% environ d'entre elles, alors que la piste privilégiée consiste à réduire les coûts (mais hors personnel).


Construction pas touchée

Fait intéressant, la part des sociétés envisageant un changement de stratégie consécutivement à un renforcement durable du franc a progressé de 5 points à 30%. Pour ce qui est des mesures techniques, il apparaît que le recours à des couvertures contre les variations de taux de change est très répandu.

Le secteur des services est pour sa part largement épargné par la vigueur du franc, à raison de 60% des entreprises du tertiaire sondées. La part de celles relevant un impact fortement négatif a toutefois doublé en l'espace de trois mois pour passer à 14%.

Les acteurs de la construction ne subissent guère l'effet du franc fort. Au contraire même, 40% d'entre eux disent plutôt profiter de la valorisation. Certaines entreprises industrielles proches du secteur affirment par ailleurs avoir relevé un renforcement de la concurrence de la part des firmes étrangères.


Valorisation record

Globalement, la BNS a compté 16% d'entreprises profitant d'un impact faiblement ou fortement positif, en raison notamment d'un recul des tarifs à l'importation. Selon le sondage, près de 40% d'entre elles ont procédé à une baisse des prix. Reste que, pour deux tiers, les marges se sont améliorées.

L'enquête de la BNS se fonde sur un échantillon de 243 entreprises, reflétant le poids des secteurs d'activité dans le pays. Elle a été conduite en janvier et février par les délégués aux relations avec l'économie régionale.

Pour mémoire, le franc s'est apprécié de quelque 15% l'an dernier face à l'euro, en touchant même un plus haut historique face à la monnaie unique fin décembre sous 1,24 franc. Depuis, il s'échange entre 1,28 et 1,30 franc. Vis-à-vis du dollar, la devise helvétique a inscrit un record sous 89 centimes le 16 mars dernier.

(ats)