WikiLeaks - Arabie Saoudite

09 février 2011 15:17; Act: 09.02.2011 15:25 Print

Les réserves pétrole peut-être surévaluées

Les réserves de pétrole de l'Arabie saoudite, en raison d'estimations surévaluées, pourraient s'avérer insuffisantes pour éviter à terme l'envolée des cours du baril.

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Les stocks de pétrole saoudien auraient été surévalués. (Photo: EPA)

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Selon un de ces télégrammes diplomatiques américains, daté de décembre 2007, Sadad al-Husseini, ancien responsable de l'exploration de la compagnie nationale saoudienne Aramco, a indiqué à des diplomates en poste à Ryad que l'Arabie saoudite avait exagéré le niveau de ses réserves.

Alors qu'Aramco aurait annoncé détenir des réserves totales de 716 milliards de barils, M. al-Husseini avait «réfuté cette analyse», estimant ces chiffres «surévalués de 300 milliards de barils», les réserves réelles étant donc de 40% inférieures, selon le câble diplomatique.

Interrogé par l'agence Dow Jones Newswires, Sadad al-Husseini a cependant affirmé mercredi avoir été mal cité par les diplomates américains, affirmant «n'avoir aucun doute sur l'exactitude des chiffres officiels publiés par Aramco».

Réserves prouvées de 265 milliards de barils

L'Arabie saoudite possède des réserves prouvées de pétrole de 265 milliards de barils, selon l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), ce qui les place parmi les premières de la planète.

Le chiffre de 716 milliards de barils évoqué dans le câble américain correspond «au total du pétrole présent dans le sous-sol» saoudien, y compris les hydrocarbures non exploitables, a précisé à Dow Jones M. al-Husseini.

«Une fois que la moitié des réserves prouvées aura été exploitée, un fort recul de la production s'ensuivra, qu'aucun effort ne sera capable d'endiguer», avait également déclaré aux diplomates américains l'ancien responsable d'Aramco, pour qui ce tournant pourrait intervenir d'ici 2020, d'après les télégrammes cités par le «Guardian».

«Il est possible que les Saoudiens n'aient pas des réserves aussi florissantes que ce qu'on estime parfois. Ensuite, le calendrier pour (accroître) la production n'est pas aussi librement modulable que ce qu'Aramco et les optimistes aimeraient faire croire», commentaient les diplomates.

(afp)