Julian Assange arrêté

09 décembre 2010 11:30; Act: 09.12.2010 12:44 Print

Le nouveau visage de WikiLeaks

Malgré la détention de son fondateur, le blocage de ses finances et les cyber-attaques, WikiLeaks devrait continuer ses révélations avec à sa tête Kristinn Hrafnsson.

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24.09 Le soldat Bradley Manning veut changer de sexe. Il a porté plainte pour pouvoir accéder à un traitement hormonal. Ci-dessus, une image du soldat grimé en femme. 19.06 Julian Assange est planqué depuis un an à l'ambassade d'Equateur, à Londres. 05.12 Julian Assange se rend une fois encore devant la justice pour tenter d'éviter une extradition vers la Suède. 02.11 La Haute Cour de Londres a confirmé mercredi l'extradition du fondateur de WikiLeaks Julian Assange vers la Suède, un jugement qui survient après onze mois de bataille juridique mais est susceptible d'appel devant la Cour suprême. Le soldat américain Bradley Manning, incarcéré pour avoir fourni à WikiLeaks des milliers de documents confidentiels américains, a été inculpé par la justice militaire, le 2 mars 2011. Julian Assange déguisé en femme, en mai 1995 dans les rues de Melbourne. Le manoir d'Ellingham Hall, près de Londres, où Assange passera son assignation à résidence. 16.12 Julian Assange devant la Haute cour de Justice de Londres qui a prononcé sa mise en liberté conditionnelle. La Haute Cour de Londres a accordé la liberté conditionnelle à Julian Assange le 16 décembre en appel. Des manifestants devant la Haute cour de Londres, le 16 décembre. Manifestant devant le consulat britannique à Sao Paulo, samedi 11 décembre. Protestation en faveur d'Assange à Madrid, samedi 11 décembre. Supporter de WikiLeaks, Barcelone, samedi 11 décembre. A gauche le logo de la nébuleuse Anonymous et à droite le logo de l'opération "Payback" en soutien à WikiLeaks de ce même collectif. Kristinn Hrafnsson, le nouveau visage de WikiLeaks après l'arrestation de Julian Assange. Claes Borgstrom est l'avocat des deux Suédoises qui accusent Julian Assange de viols et d'agressions sexuelles. De nombreuses personnes se sont réunis le 7 décembre devant la Cour de justice de Westminster. Ils demandaient la libération du co-fondateur de WikiLeaks. Julian Assange est sous le coup d'un mandat d'arrêt international. Julian Assange, arrêté mardi matin 7 décembre par Scotland Yard, devait comparaître devant la Cour de justice de Westminster, selon la Cour. L'un de ses avocats londoniens, Mark Stephens (Photo), a déclaré à son arrivée au tribunal que son client «allait bien», et que l'audition par la police britannique avait été «très cordiale». «Ils ont vérifié son identité», a-t-il expliqué. «Ils se sont assurés qu'il s'agit bien de Julian Assange et nous sommes prêts à comparaître», a-t-il ajouté devant une meute de journalistes qui assiège le tribunal, situé au coeur de Londres près du Parlement. Une voiture censée transporter le fondateur de WikiLeaks est entrée par un portail du tribunal, sans qu'on puisse distinguer formellement Julian Assange à l'intérieur. La fiche d'Assange sur le site internet d'Interpol. Le 7 décembre, Julian Assange, 39 ans, «a été arrêté en vertu d'un mandat européen à 09H30 GMT», alors qu'il se présentait devant la police, a précisé Scotland Yard. Julian Assange doit répondre des accusations de «coercition, agression sexuelle et viol» à l'encontre de deux femmes, pour des faits qui auraient été commis en août en Suède. Julian Assange est en passe de devenir une figure culte: différents sites internet vendent des tee-shirts à son effigie. Le 30 novembre 2010, le fondateur de WikiLeaks a été placé par Interpol sur la liste des personnes les plus recherchées. Assange est recherché en Suède pour des affaires de «viol, agression sexuelle et coercition». L'une des victimes, une Suédoise de 30 ans, avait organisé un séminaire à l'Université d'Uppsala sous le titre "La première victime d'une guerre est la vérité". Assange y avait été invité à présenter sa plate-forme. Assange aurait suivi la femme après une fête et l'aurait violée. La deuxième victime est une photographe, qui aurait fait la connaissance d'Assange lors de la même fête. L'Australien a jusqu'ici toujours proclamé son innocence et parlait d'une campagne des services secrets US contre sa personne. Julian Paul Assange est né le 3 juillet 1971 à Townsville, Queensland, en Australie. Ses parents étaient des comédiens ambulants. En raison d'une dispute concernant la garde de son demi-frère, Julian Assange et sa mère ont été contraints de fuir en permanence et de se cacher, ce qui a amené l'enfant à devoir fréquenter successivement 37 écoles différentes, suivies de 6 autres universités australiennes. Assange a fait ses premiers pas d'informaticien grâce au Commodore 64 offert par sa mère. En 1987, il acquiert un modem et, sous le pseudonyme "Mendax", il commence ses premières activités de hacker. Simultanément, Assange étudie les mathématiques et la physique à l'Université de Melbourne. Alors qu'il était hacker, Assange fait la connaissance de sa future femme. En 1989, ils emménagent ensemble et ont un fils, Daniel (photo), en 1990. Un an plus tard, le couple se sépare. Le fils de Julian a refusé de le suivre lorsque celui-ci a décidé de quitter l'Australie. Daniel décrit son père comme quelqu'un de très intelligent. Julian Assange estime que certaines personnes ne sont pas en mesure d'atteindre son niveau et de comprendre ses idées. Les débuts de WikiLeaks datent de décembre 2006. Assange a publié, sur son site Wikileaks plus de 400 000 documents confidentiels relatifs aux modes opératoires de l'armée américaine en Irak. La structure de la plate-forme et son financement restent secrets. Seul Assange est sur le devant de la scène. L'ancien porte-parole de presse d'Assange, l'Allemand Daniel Domscheit-Berg, conseillait "à personne de collaborer avec lui". En janvier 2008, le serveur WikiLeaks publiaient plusieurs documents sur des clients de Julius Bär aux îles Cayman. Les noms de 12 personnes étaient clairement notifiés. Au printemps 2010, WikiLeaks transporte ses serveurs en Suède. Début avril 2010, WikiLeaks fait sensation au niveau international en publiant une vidéo des attaques aériennes à Bagdad du 12 juillet 2007. Un soldat US, Bradley Manning, aurait transmis les informations. Le jeune homme de 22 ans a été arrêté après la publication des enregistrements vidéo de l'hélicoptère Apache. Le 28 novembre 2010, Wikileaks refait sensation en publiant plus de 250 000 documents diplomatiques américains.

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Une faute?

«WikiLeaks est toujours en ligne» et «ne sera pas bâillonné, ni par une action judiciaire, ni par la censure des entreprises», a assuré le porte-parole et journaliste islandais Kristinn Hrafnsson, nouvelle figure du site qui.

Dans le cyber-espace, les hackers partisans de son fondateur Julian Assange ont lancé la contre-attaque en prenant d'assaut mercredi les sites des groupes financiers suisse ou américains (Postfinance, Mastercard, Paypal) qui ont fermé les comptes ou gelé les transactions avec WikiLeaks.

«A partir du moment où des organismes bancaires coupent les vannes, ça devient plus compliqué pour le site de fonctionner», reconnaît Olivier Tesquet, journaliste du site spécialisé Owni.

En octobre, Owni avait réalisé pour Julian Assange l'interface permettant la consultation des 400'000 documents secrets de l'armée américaine sur la guerre en Irak rendus publics par WikiLeaks.

WikiLeaks a dû fermer en 2009

«WikiLeaks est un site qui fonctionne sur le principe du don. L'année dernière, le site avait été fermé parce qu'ils avaient besoin de 600'000 dollars», rappelle-t-il.

Si de nombreuses sources de financement ont été coupées, le compte de WikiLeaks en Islande fonctionnait toujours mercredi, selon M. Hrafnsson. La banque locale Landsbanki a confirmé sans plus de détails à l'AFP l'existence de ce compte, dont les références figurent sur le site.

Depuis l'incarcération de Julian Assange, Kristinn Hrafnsson assure l'intérim de la communication de WikiLeaks, qui dit s'appuyer par ailleurs sur des centaines de bénévoles.

«Assange, c'est l'incarnation officielle, le paratonnerre pour les opinions publiques, les gouvernements et la justice, mais il n'est pas tout seul à l'opérationnel», souligne M. Tesquet. Son emprisonnement «ne va pas enrayer le processus de publication de WikiLeaks», estime-t-il.

Soutien d'internautes

Cible depuis une semaine de cyber-attaques massives, Wikileaks a bénéficié du soutien d'internautes engagés qui ont dupliqué ses révélations sur des sites dits «miroirs», copies exactes de l'original.

La croissance de ces sites semble prendre des proportions exponentielles: de 500 mardi soir, d'après M. Hrafnsson, «on a dépassé les 1.000 sites miroirs (mercredi) et, à mon avis, ça va continuer à augmenter», prédit Olivier Tesquet.

«Plus les gouvernements essaieront de mettre des bâtons dans les roues, plus on risque de voir émerger des sites miroirs et des initiatives de gens désireux de prendre le relais», estime le journaliste d'Owni, qui souligne «l'esprit de corps» de la communauté web.

En France, DegenereSciences, un groupe de hackers basé à Lille a par exemple proposé mercredi à des sympathisants de participer à «l'effort citoyen global de soutien à WikiLeaks» en créant un réseau synchronisé de sites miroirs.

Techniquement, la chose n'est pas compliquée. «Les copies se font par une petite manipulation informatique sans difficulté, même pour les débutants», explique le gérant d'une société informatique française, parlant sous couvert d'anonymat.

Financièrement, cela ne coûte rien: «à partir du moment où quelqu'un a un nom de domaine ou une présence sur le web, il a la possibilité de créer un site miroir, ça ne demande aucun moyen financier», explique Olivier Tesquet.


Interview en anglais de Kristinn Hrafnsson:

(afp)

Les commentaires les plus populaires

  • Nitko Drugi le 09.12.2010 15:10 Report dénoncer ce commentaire

    Pirates du sens commun

    Votre édition papier d'hier désigne en première page Assange comme "Le Pirate du Web". Pour ce libre usage du mot "Pirate" - parmi d'autres choses - je pense que 20minutes mérite un nom semblable...

  • Patrick Martin le 07.12.2010 13:17 Report dénoncer ce commentaire

    Maintenant...

    Maintenant que faire de lui. Donnez-le à la CIA, ainsi il disparaitra... Stop, les anneries, maintenant retour Suède, jugement pour ce qu'il est accusé, plus fermeture de ce site qui est très très très dangereux pour la paix dans le monde et ensuite aux USA de faire le demande d'extradition pour son accusation d'espionnage. Ainsi, nous restons dans la loi! Mais IMPORTANT, WiliLeaks DOIT DISPARAITR

  • Anti-hasard le 07.12.2010 12:31 Report dénoncer ce commentaire

    Quel hasard !!

    Au moment de préparer un grand coup qui va le mettre sous les projecteurs et face aux plus grands gouvernements... il aurait l'idée stupide de commettre un crime "de bas niveau"... j'ai de la peine à croire !! Mais je veux bien croire que les gouvernements sont prêts à tout pour l'avoir... à bon entendeur !

Les derniers commentaires

  • wikilrelais le 11.12.2010 23:00 Report dénoncer ce commentaire

    Comment l'ambassade américaine voit la presse fran

    WikiLeaks : la presse française critiquée 09.12.10 16:28 Alors que le Monde révèle au compte-gouttes les informations qui lui ont été transmises par WikiLeaks, lune dentre elles est passé à la trappe. Lun des nombreux câbles diplomatiques concernerait la presse française elle-même et les propos ne sont pas tendres. Limage des médias français est loin dêtre bonne outre-atlantique. Cest ce que révèle lun des nombreux câbles diplomatiques diffusés par WikiLeaks depuis quelques semaines. Mais pour le moment, Le Monde qui est le journal français choisi par WikiLeaks pour divulguer les informations recueillies nen a toujours pas fait allusion. Pourtant les critiques sont explicites. "Les grands journalistes sont souvent issus des mêmes écoles élitistes que de nombreux chefs de gouvernement. Ces journalistes considèrent que leur premier devoir nest pas nécessairement de surveiller le pouvoir en place. Nombre dentre eux se considèrent plutôt comme des intellectuels préférant analyser les événements et influencer les lecteurs plutôt que reporter des faits" souligne lambassade américaine à Paris dans le document confidentiel , daté de janvier 2007. Et les critiques touchent aussi au paysage médiatique privé et à son marché. Selon le responsable qui a rédigé cette note, le secteur privé des médias serait tenu par "un petit groupe de conglomérats", ajoutant, "tous les médias français sont plus régulés et soumis à des pressions politiques et économiques que leurs homologues américains". Daprès cette même note, "les blogs sont fortement utilisés par les minorités comme un moyen de communication pour exprimer leurs opinions car elles estiment que ces positions ne sont retranscrites dans les médias traditionnels".

  • wikilrelais le 11.12.2010 22:50 Report dénoncer ce commentaire

    Pour INFO et comme quoi l'affaire Assange concerne

    Articles : la CIA aurait déjà dû assassiner Julian Assange!!!!!!! par Zahir Shamsery 10 décembre 2010 Lettre ouverte et pétition : A Julia Gillard (membre du Parti travailliste australien qu'elle préside première ministre d'Australie depuis Juin 2010) Madame la Première Ministre, Nous notons avec inquiétude la rhétorique de plus en plus violente à l'encontre de Julian Assange de Wikileaks. Des exemples : « Nous devrions traiter Mr Assange de la même façon que les cibles terroristes de haut niveau : tuons le » écrit l'éditorialiste conservateur Jeffrey T Kuhner dans le Washington Times. William Kristol(*), ancien chef du cabinet du vice-président Dan Quayle dans l'administration de George H. W. Bush , demande : « Pourquoi ne pouvons nous pas utiliser nos différents moyens pour harceler, enlever ou neutraliser Julian Assange et ses collaborateurs, où qu'ils soient ? ». « Pourquoi Julian Assange n'est-il pas encore mort ? » dit John Hawkins dans le site d'information de la droite. Sarah Palin, une possible candidate présidentielle, compare Assange au dirigeant d' Al-Qaïda ; Rick Santorum, ancien sénateur de Pennsylvanie et potentiel contestant présidentiel, accuse Assange de « terrorisme ». Etc, Etc..... De telles déclarations ne peuvent être ignorées comme paroles en l'air. Durant la dernière décennie, nous avons vu la normalisation de mesures extrajudiciaires qui étaient auparavant impensables, allant de kidnappings à des interrogatoires sous torture. Dans ce contexte, nous avons maintenant de graves inquiétudes quand à la sécurité et au bien-être de Mr Assange. Indépendamment des controverses politiques entourant Wikileaks, Mr Assange conserve le droit de conduire ses activités en toute sécurité, et a droit à tout ce que le système judiciaire offre dans toute poursuite à son encontre. Comme vous le savez, Mr Assange est citoyen australien. Nous vous demandons donc de condamner, au nom du gouvernement australien, tout appel fait pour atteinte physique et menace contre Mr Assange, et d'affirmer publiquement que vous veillerez à ce que Mr Assange bénéficient des droits et protections auxquels il a droit, et cela qu'elle que soit la source des menaces illégales qu'elles viennent de particuliers ou d'états. Nous vous demandons urgemment de réitérer publiquement l'engagement Australien envers la liberté de communication politique ; de ne pas annuler le passeport de Mr Assange, en l'absence de preuve évidente qu'une telle démarche serait nécessaire ; de fournir assistance et soutien légal à Mr Assange, et de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour assurer que toute procédure prise à son encontre réponde absolument aux principes de justice, de la loi et la légalité procédurale. Une telle déclaration de votre part à cet effet ne peut pas être controversée Il s'agit de réaffirmer l' engagement aux principes démocratiques et à la justice. Nous pensons que ce cas représente un tournant, avec des implications qui vont bien au-delà de Mr Assange et Wikileaks. Dans de nombreux endroits du monde, des menaces de mort journellement bâillonnent ceux qui voudraient publier ou faire connaître des informations controversées. Si ces incitations à la violence contre Mr Assange, qui a reçu le Media Award d'Amnesty International, peuvent exister et continuer, un très troublant nouveau précédent aura été établi dans le monde de langue anglaise. C'est un moment crucial et une déclaration forte de votre part et votre gouvernement peut faire une importante différence. Dans l'attente de votre réponse. (*) William Kristol :en 2003, il fut l'un des avocats de l'invasion de l'Irak et du renversement de Saddam Hussein comme préalable à une recomposition et à une démocratisation au Moyen-Orient (théorie des dominos) Un peu plus de sang sur les mains de ce triste personnage ne le gênera pas trop.

  • Nitko Drugi le 09.12.2010 15:10 Report dénoncer ce commentaire

    Pirates du sens commun

    Votre édition papier d'hier désigne en première page Assange comme "Le Pirate du Web". Pour ce libre usage du mot "Pirate" - parmi d'autres choses - je pense que 20minutes mérite un nom semblable...

  • Pantoufle le 09.12.2010 13:27 Report dénoncer ce commentaire

    Assange = terroriste

    On aime cracher sur nos alliés (les USA, etc.) mais pourquoi ne dénonce-t-on pas les crimes commis au nom de la Charia en Arabie Saoudite, les massacres d'étudiants en Iran ou au Cambodge, etc.? Wikileaks ne le dit pas car ils ne sont que des égocentriques avides de gloire qui se moquent des gens et livrent l'Occident aux terroristes sur un plateau d'argent.

  • mako le 09.12.2010 13:12 Report dénoncer ce commentaire

    il me saoul ce mec et ses ami anarchiste

    A cause de tout ça je ne peux même pas vérifier mon compte sur Postfinance! Ils font chier ces hackers! Qu'ils aillent tous en prisons, au lieu d'emmerder les honnêtes gens!