Crise dans la zone euro

14 février 2011 22:49; Act: 14.02.2011 22:49 Print

500 milliards d'euros pour le fonds d'aide

La zone euro a décidé lundi soir de doubler la capacité de prêt de son futur Fonds de soutien aux pays en difficulté.

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«Nous nous sommes d'ores et déjà mis d'accord sur le volume de la capacité de prêt du Mécanisme européen de stabilité», a déclaré à la presse le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, à l'issue d'une réunion des grands argentiers européens à Bruxelles.

«Nous sommes tombés d'accord pour prévoir un montant, en ce qui concerne la capacité de prêt, de 500 milliards, qui sera soumis à révision régulière au moins toutes les deux années», a déclaré M. Juncker.

Le futur mécanisme de soutien financier de la zone euro est appelé à voir le jour à partir de mi-2013, en remplacement de l'actuel dispositif de soutien temporaire, appelé Facilité européenne de stabilité financière (FESF) et créé en mai 2010 suite à la crise de la dette en Grèce.

Un montant «raisonnable»

L'actuel dispositif est doté sur le papier de 440 milliards d'euros de garanties des Etats de la zone euro. Mais dans les faits, il ne dispose que d'environ 250 milliards d'euros, le reste devant être mis de côté pour obtenir des conditions de prêt attractives.

Les Européens veulent également augmenter à 440 milliards d'euros la capacité de prêt effective du dispositif actuel. La décision prise lundi soir pour le futur mécanisme est un signe très clair de leur disponibilité à le faire.

La somme de 500 milliards d'euros est un montant que les ministres ont jugé «raisonnable» pour faire face, a déclaré la ministre française de l'Economie Christine Lagarde. Sans attendre, les grands argentiers européens ont cherché lundi à rassurer les investisseurs sur leur détermination à agir.

Inquiétude grandissante

«La situation sur les marchés obligataires reste préoccupante», a convenu M. Juncker. Le ministre luxembourgeois des Finances, Luc Frieden, a déploré à ce sujet l'indécision des Européens. La hausse actuelle des taux obligataires s'explique «probablement» par le fait que «nous sommes trop lents pour prendre les décisions nécessaires», a-t-il dit lundi.

Après une période d'accalmie depuis le plan de sauvetage accordé à l'Irlande fin 2010, l'inquiétude grandit à nouveau sur les marchés en raison de la longueur des négociations entre pays européens pour finaliser leur dispositif anti-crise, et des divergences qu'ils affichent sur les réponses à apporter.

Les taux obligataires portugais à 10 ans ont atteint 7,3% environ lundi contre 7,175% vendredi. Dans la matinée de jeudi, ils avaient atteint un plus haut historique en séance à 7,636%. Dans leur sillage, les taux espagnols se sont tendus, comme les taux irlandais.

Les marchés craignent que le filet de sécurité financier actuellement disponible dans l'Union monétaire ne suffise pas pour répondre à des crises de la dette au Portugal et en Espagne, voire en Italie ou en Belgique.

(afp)