Technologies - Bilan 2010

17 février 2011 07:07; Act: 17.02.2011 15:41 Print

ABB a vu son bénéfice net se contracter

Le groupe technologique ABB a vu ses résultats se contracter en 2010.

Une faute?

ABB a encore été à la peine l'an passé, conséquence du repli des commandes durant la récession. Le groupe électrotechnique a vu son bénéfice net annuel chuter de 12% par rapport à 2009, à 2,56 milliards de dollars. Mais avec un carnet d'ordres à un niveau record, le rebond se précise.

Le chiffre d'affaires a fléchi de manière moins prononcée que la rentabilité, soit de 1% à 31,59 milliards de dollars (30,3 milliards de francs), a annoncé jeudi le géant industriel établi à Zurich. Au niveau opérationnel (EBIT), le résultat s'est également tassé de 7% à 3,82 milliards de dollars.

Commentant la performance devant la presse à Zurich, le patron du groupe, Joe Hogan, s'est néanmoins dit «satisfait», estimant qu'»ABB sort renforcé de la crise économique mondiale». Tout au long d'une récession «historique», ABB est parvenu à stabiliser sa marge d'exploitation dans une fourchette fixée entre 11 et 16%.

Cette satisfaction repose aussi et surtout sur l'évolution des nouvelles affaires, les entrées de commandes ayant elles progressé de 6% à 32,68 milliards de dollars sur l'ensemble de l'année. Et les trois derniers mois de l'année sont venus confirmer le rebond des commandes affiché depuis le début de l'année.

Sur le seul 4e trimestre, les entrées de commandes ont bondi de 17% en variation annuelle, à 8,752 milliards de dollars. Entre juillet et septembre, elles s'étaient déjà accrues de 16%. ABB a notamment profité d'ordres en forte hausse en Europe ( 37%), aux Amériques ( 22%) ainsi qu'en Afrique et au Moyen-Orient ( 8%).

Recul en Asie

Les commandes ont en revanche reculé de 5% en Asie, notamment en raison de replis en Chine et en Inde. Il n'en reste pas moins qu'ABB peut s'appuyer sur une présence géographique étendue, les marchés émergents représentant désormais près de la moitié des revenus.

A fin 2010, le carnet d'ordres se montait ainsi à un montant record de 26,19 milliards de dollars, 6% de plus qu'un an auparavant. Un niveau qui représente les affaires de dix mois, a précisé le chef des finances, Michel Demaré. L'embellie progressive des commandes s'est répercutée sur les ventes, celles-ci s'étoffant de 5% à 9,18 milliards de dollars au 4e trimestre.

Le résultat d'exploitation trimestriel s'est lui aussi fortement amélioré, gagnant 23% à 978 millions de francs. Cette performance est toutefois amoindrie par des provisions de 120 millions de dollars déjà annoncées et liées à un gros projet de la division des Systèmes énergétiques ainsi que par des charges de restructuration d'un montant à peu près équivalent.

Après deux années de crise, ABB a achevé 2010 avec un bilan solide. Ses liquidités nettes ont atteint 6,4 milliards de dollars, même si le groupe a dépensé 2,1 milliards notamment pour acquérir la société informatique américaine Ventyx et prendre le contrôle à 100% de sa filiale indienne. En incluant les 4,2 milliards versés début janvier pour le rachat de Baldor Electric, le bas de laine reste confortable, avec 2,2 milliards de dollars.

Optimisme pour 2011

L'exercice en cours s'annonce sous de bons auspices, a relevé Joe Hogan. ABB table en particulier sur une croissance de la demande pour les solutions dans les domaines de l'énergie et de l'automation, liée au renouvellement des infrastructures. Toutes les régions devraient en profiter.

Preuve de cet optimisme, le conseil d'administration propose aux actionnaires d'augmenter le dividende à 60 centimes par action, contre 51 centimes au titre de 2009. Ces bonnes nouvelles n'ont néanmoins pas empêché le titre ABB de plonger à la Bourse suisse, celui-ci chutant vers 15h15 de 2,2% à 22,67 francs, dans un marché en baisse de 0,3%.

A fin 2010, ABB employait quelque 117'000 collaborateurs, un effectif quasiment stable par rapport à 2009. Avec l'intégration du fabricant américain de moteurs industriels Baldor, ce chiffre atteint désormais 124'000.

(ats)