Banques

11 février 2011 18:23; Act: 11.02.2011 18:29 Print

Axel Weber quitte la Bundesbank

C'est officiel. Axel Weber quitte la présidence de la Bundesbank, ce qui semble l'exclure de la course à la présidence de la BCE et enterrer les espoirs de Berlin de voir un Allemand diriger la politique monétaire européenne.

Une faute?

Il va quitter dès le 30 avril le poste qui lui permettait de siéger au conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) alors que son mandat, entamé en 2004, courait jusque fin mars 2012, a annoncé vendredi la chancellerie allemande.

«Sa succession sera annoncée au cours de la semaine prochaine», conclut ce communiqué très sec, dans lequel ne figure aucune formule consacrée louant le travail du président de la Bundesbank.

M. Weber, sur lequel la chancelière Angela Merkel avait misé toutes ses cartes, avait cueilli les dirigeants allemands à froid en signifiant mardi soir à ses collègues de la Bundesbank qu'il ne briguerait pas de nouveau mandat. Laissant entendre par la même occasion qu'il abandonnait l'idée d'être porté à la tête de la BCE.

Coup de tonnerre

Dans les ministères allemands, la nouvelle, répercutée par la presse, avait fait l'effet d'un coup de tonnerre et était même qualifiée de «tragique» par un observateur.

Depuis, c'était le silence, même si M. Weber a annoncé à plusieurs reprises vouloir s'exprimer avant de se rétracter, sans doute sous la pression de la chancellerie, elle-même restée muette.

Cette communication désastreuse a laissé pantois les analystes économiques, alors que sur fond de crise de la dette en zone euro les marchés réagissent de manière épidermique à tout facteur d'incertitude. «Ce n'est pas le genre de situation que les marchés veulent avoir d'ici à la fin du mandat de M. Trichet», le 31 octobre, juge ainsi Carsten Brzeski d'ING.

Pour Berlin, mettre cet ancien professeur en économie qui se qualifie volontiers lui-même de «conservateur» aux commandes de la BCE, c'était garantir la stabilité de l'euro et une lutte sans faille contre l'inflation, qui reste un repoussoir pour les Allemands depuis la grande crise de 1923.

Favori

Il faisait d'ailleurs figure de favori avant que ses prises de position tranchées et notamment ses attaques répétées contre le programme de rachats d'obligations publiques lancé par la BCE au printemps dernier n'inquiètent ses partenaires de la zone euro. La France notamment n'a pas caché son opposition à son arrivée.

Face à ces réticences, le chef de la Bundesbank réclamait un soutien plus marqué de Mme Merkel, qui n'est pas venu.

Même si, selon le ministre des Finances Wolfgang Schäuble, l'Allemagne «n'a jamais dit qu'elle avait un candidat pour la BCE», elle se retrouve désormais bien démunie pour concourir à ce poste important.

Tractations

Le nom de Klaus Regling, président du Fonds européen de stabilisation financière (FESF), est souvent cité, mais il n'a pas d'expérience comme banquier central. Celui du chef économiste de la BCE Jürgen Starck aussi, mais sa candidature soulèverait des problèmes juridiques.

De son côté, le ministre italien de l'Economie Giulio Tremonti a jugé «excellente» la candidature du gouverneur de la Banque d'Italie Mario Draghi, en garantissant qu'elle serait appuyée par Rome.

Les tractations officielles n'ont toutefois pas encore commencé, le nom du successeur de M. Trichet ne devant initialement émerger qu'au printemps, voire au début de l'été, même si la question sera évoquée en coulisses dès le sommet européen de mars. Au vu du contexte, «les dirigeants européens ne devraient pas faire trop longtemps durer le processus», estime l'économiste d'ING.

(ats)