Réassurance

17 février 2011 07:35; Act: 17.02.2011 15:55 Print

Hausse de 74% du bénéfice de Swiss Re

Le réassureur zurichois Swiss Re a augmenté son bénéfice en 2010 de 74% par rapport à l'année précédente, à 863 millions de dollars (832,7 millions de francs).

Une faute?

Swiss Re a dégagé l'an passé un bénéfice net presque doublé, mais inférieur aux attentes du marché. Le remboursement du prêt du milliardaire américain Warren Buffet a notamment pesé dans les comptes du réassureur zurichois, qui se montre néanmoins confiant pour l'avenir.

Le numéro deux mondial de la branche a vu son résultat net progresser de 74% par rapport à 2009, pour s'établir à 863 millions de dollars (823,7 millions de francs). Les analystes interrogés par l'agence financière AWP tablaient sur un bénéfice de 1,2 milliard.

Le résultat a été pénalisé par les charges du remboursement anticipé de l'emprunt convertible de Berkshire Hathaway. Sans cet effet, Swiss Re aurait généré un bénéfice net de 2,3 milliards de dollars, synonyme d'»une performance propre à l'entreprise», a relevé jeudi devant les médias à Zurich le directeur financier George Quinn.

Ce règlement final aura coûté 1,4 milliard de dollars à Swiss Re, en raison d'ajustements dus à des effets de change, alors que le groupe ne prévoyait en novembre qu'une charge de 1 milliard. Conséquence, Swiss Re a essuyé une perte de 725 millions au quatrième trimestre, après un gain de 394 millions un an plus tôt.

Le groupe du milliardaire américain Warren Buffet avait fait son entrée dans Swiss Re début 2009 pour soulager les besoins en capitaux du réassureur, lourdement frappé par la crise et des erreurs de spéculation.

Comme prévu, Swiss Re a clos son segment «Legacy». Cette entité couvrait les risques financiers de la crise.

Nombreuses catastrophes

Tremblements de terre en Haïti, au Chili et en Nouvelle-Zélande, tempête Xynthia, inondations dans la région du Queensland en Australie: les catastrophes ont marqué l'exercice écoulé, comme pour son concurrent Munich Re. La marée noire dans le golfe du Mexique lui a également coûté cher. Ces sinistres se sont traduits par des charges nettes de 1,2 milliard de dollars au total, au lieu des 900 millions anticipés.

Les affaires dommage demeurent néanmoins profitables. Le ratio combiné (chiffre clé rapportant les sinistres et les coûts aux primes) s'est dégradé à 93,9%, après 88,3% en 2009 (l'activité reste positive si ce taux est inférieur à 100%).

Les primes brutes ont, elles, diminué de 13% à 19,7 milliards de dollars. Le réassureur a néanmoins déclaré avoir bien commencé l'exercice en cours, avec des renouvellements de contrats en hausse de 14% en janvier.

Le réassureur proposera à ses actionnaires un dividende en nette hausse à 2,75 francs, contre 1 franc en 2009. Cette annonce, saluée unanimement par les analystes, soutenait le cours boursier. Vers 15h45 le titre Swiss Re grimpait de 2,86% à 57,60 francs, dans un marché en recul de 0,48%.

Numéro un

S'agissant des objectifs, Swiss Re ambitionne de devenir numéro un dans la réassurance, a déclaré le directeur général Stefan Lippe. Le but n'est pas de devancer le leader du secteur Munich Re au niveau des primes, mais de convaincre les clients en termes de qualité, a-t-il précisé.

La société prévoit, en outre, de se réorganiser en holding. Elle sera à l'avenir divisée en «trois structures légales distinctes», a indiqué Stefan Lippe. L'objectif consiste à réduire les risques et à disposer de davantage de flexibilité, a ajouté l'Allemand.

(ats)