Bilan 2010

14 janvier 2011 17:47; Act: 14.01.2011 20:44 Print

La BNS s'attend à une perte de 21 milliards

La forte hausse du franc par rapport à l'euro et au dollars a coûté cher à la Banque nationale suisse (BNS) en 2010. Elle s'attend en effet à une perte de 21 milliards de francs pour l'ensemble de l'année.

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L'institut d'émission a subi de plein fouet les effets de la valorisation du franc face à l'euro et au dollar l'an dernier. Il devrait avoir essuyé une perte de 21 milliards de francs (contre un bénéfice de 10 milliards en 2009), en raison d'un déficit de 26 milliards sur les positions en monnaies étrangères.

La situation reflète les achats massifs d'euros survenus le printemps dernier pour tenter, en vain, de contrer l'appréciation du franc face à la monnaie unique européenne. Le choc des 26 milliards a pu être atténué par la réalisation d'une plus-value de près de 6 milliards de francs sur l'or, a indiqué vendredi la BNS.

Le plongeon de la BNS dans le rouge remet en question les versements futurs de la part de 2,5 milliards de francs de ses «bénéfices» à la Confédération (un tiers) et aux cantons (deux tiers).

«Très mauvaise nouvelle»

L'institut d'émission annonce certes le maintien de la distribution au titre de l'exercice 2010. Mais la BNS n'exclut pas d'interrompre totalement ces versements «un certain temps», puis, dans une phase ultérieure, une reprise partielle, histoire de se refaire. «Il s'agit d'une très mauvaise nouvelle: les cantons sont très inquiets», a réagi Pascal Broulis, président de la Conférence des gouvernements cantonaux.

Les dividendes de la BNS sont importants, parce qu'ils représentent 2 à 3% des revenus du total des cantons. Si ces revenus ne sont pas garantis, les cantons n'auront d'autres moyens que de diminuer leurs prestations ou encore d'augmenter les impôts - chose difficile -, ou la dette, prévient le Vaudois.

Les versements aux collectivités publiques se fondent sur une convention conclue entre la BNS, la Confédération et les cantons qui prévoit le versement annuel de 2,5 milliards de francs, jusqu'en 2017 sauf événement majeur. Et cet événement survient maintenant avec des effets pour 2012.

Risques sur la reprise

Les montants budgétés pour 2011 sont en revanche assurés pour la Confédération et les cantons, de même que le dividende de 1,5 million de francs revenant aux actionnaires de la banque centrale. Selon la BNS, les collectivités publiques disposent «d'assez de temps» pour s'adapter à la nouvelle donne.

Le même jour que la publication des résultats 2010 de la BNS, la Commission de la politique économique se réunissait à Berne pour aborder la problématique du franc fort, sous l'égide du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO).

Les milieux économiques ont relevé que le franc fort pourrait peser sur le reprise économique. Si chacun constate les risques encourus, les idées divergent quant aux moyens d'intervention. Banques et organisations patronales s'opposent à toute intervention étatique, ont regretté les syndicats.

Léger affaiblissement

La Commission de la politique économique, organe extraparlementaire consultatif, continuera à «observer en permanence l'évolution» de la relation euro-franc. Elle en informera le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann, en charge de l'économie au sein du collège gouvernemental.

L'euro s'est apprécié d'environ 5 centimes cette semaine pour remonter vendredi aux alentours de 1,29 franc. La monnaie unique européenne s'est reprise à la faveur d'un climat moins tendu en lien avec la crise de la dette dans certains pays de la zone euro.

Fin décembre, l'euro avait touché son plus bas niveau historique face à la devise helvétique, à 1,2396 franc.A son lancement, il y a douze ans, l'euro se situait à 1,60 franc.

(ats)