Horlogerie

10 mars 2011 13:25; Act: 10.03.2011 16:47 Print

Les montres Swatch s'arrachent

Swatch Group se trouve confronté à une demande «extraordinaire» en Suisse et à l'étranger. Le défi sera de produire en conséquence et de renouveler les stocks.

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Nick Hayek: «Le challenge sera de livrer le produit». (Photo: Reuters)

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Vainqueur de la crise, Swatch Group doit encore relever de nombreux défis cette année. Confronté à une demande «extraordinaire», le numéro un mondial de l'horlogerie cherche des collaborateurs qualifiés et accélère les cadences. L'objectif reste les 10 milliards de ventes à moyen terme.

«Tous les segments, de Swatch à Breguet, font face à une demande extraordinaire. Le monde entier est en croissance, à l'exception de la Grèce et du Japon», a déclaré jeudi devant les médias à Bienne le patron du géant horloger, Nick Hayek. «Et les pays émergents dynamisent encore cette croissance.»

«Le challenge en 2011 sera de livrer le produit», a poursuivi Nick Hayek. «Boîtes, aiguilles, cadrans, appliques» font défaut. Après le ralentissement de 2009, les stocks sont faibles.

Pour développer ses capacités de production, le groupe prévoit d'investir entre 200 à 250 millions de francs cette année. Il a approuvé ces jours déjà une enveloppe de 66 millions pour doubler la surface du site de la marque de luxe Breguet dans la Vallée de Joux (VD).

Toujours investir

Investir encore et encore dans l'outil industriel, Swatch Group souhaite que ses concurrents fassent de même. A l'instar du géant du luxe LVMH, qui vient de s'offrir la maison familiale italienne Bulgari pour 4,3 milliards d'euros - une coquette somme que la société biennoise n'aurait jamais «dépensée».

Comme son père décédé en juin dernier à qui il a rendu hommage, Nick Hayek veut «stopper au plus vite la livraison automatique» des composants horlogers. Dans ce cadre, la société est toujours en discussion avec la Commission de la concurrence (Comco).

Concurrence toujours, celle-ci s'avère rude également sur le front de l'emploi. Swatch Group, qui a déjà accru ses effectifs de 1600 personnes en 2010, a besoin de nouvelles forces vives - «1000 employés supplémentaires au moins cette année», rappelle son patron.

La seule manufacture ETA recherche 500 personnes. «La difficulté est de trouver des collaborateurs qualifiés», selon Nick Hayek.

Vigueur du franc

Autre préoccupation encore: la vigueur du franc, qui a coûté quelque 100 millions de francs sur les deux premiers mois de l'année au chiffre d'affaires du groupe, relève Nick Hayek.

Swatch Group n'augmentera pas ses tarifs pour autant. «Vous ne pouvez pas ajuster les prix en fonction de la fluctuation des taux de change. Les consommateurs ne comprendraient pas», explique le directeur général. «On attend, et on essaie de trouver d'autres moyens» pour absorber l'impact de ces variations.

Celles-ci ne mettent pas en péril l'objectif - maintes fois réitéré - de 10 milliards de ventes «dans un horizon de trois ans». Et ce, à l'interne, avec «nos propres marques» (19 au total), précise Nick Hayek, une montre à chaque poignet et cigare en bouche, à l'image de son père, fondateur du groupe.

Pour l'exercice en cours, la société table sur un chiffre d'affaires de 7 milliards de francs, avait indiqué la semaine dernière son patron.

L'an passé, Swatch Group a pulvérisé ses records. Comme annoncé déjà, son chiffre d'affaires a grimpé de 18,8% au regard de 2009, à 6,44 milliards de francs, tandis que son bénéfice net a bondi de 41,5% à 1,08 milliard.

(ats)