Conjoncture

22 mars 2011 13:53; Act: 22.03.2011 14:57 Print

Les pressions sur le franc devraient faiblir

L'Europe est en bonne voie pour régler la crise de la dette, ce qui devrait alléger à moyen terme les pressions à la hausse sur le franc suisse.

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Le président de la BNS Philipp Hildebrand s'est déclaré mardi confiant, tout en soulignant de nombreux défis.

«Je suis convaincu que le retour de l'Europe vers une culture de stabilité devrait alléger les pressions sur le franc suisse sur la durée», a déclaré le patron de la BNS au Club suisse de la presse à Genève.

«Je salue les efforts faits en Europe, même si les problèmes de dette de certains pays européens périphériques demeurent. Toute évolution vers un retour à la stabilité en Europe est clairement positive pour la Suisse», a affirmé Philipp Hildebrand.

«Même si l'économie suisse va bien, il faut éviter toute complaisance», a enchaîné le patron de la BNS. Les risques liés à la crise de la dette en Europe ont diminué, mais fondamentalement le problème n'est pas résolu, a-t-il dit.


Pressions inflationnistes

La situation au Moyen-Orient est une autre source d'incertitude, en raison des pressions inflationnistes liées à la hausse du prix du pétrole et des biens alimentaires, a noté le président de la BNS.

«Nous ferons tout ce qu'il faut faire pour assurer la stabilité des prix à l'avenir comme par le passé», a assuré M. Hildebrand. «S'il devait s'avérer que les choix de politique monétaire ont jeté les bases d'une future inflation en Suisse, la BNS fera tout ce qui est son pouvoir pour éviter une telle issue», a-t-il dit.

Il n'a pas exclu de nouvelles pertes au bilan de la BNS liées aux risques de change, mais il a affirmé que «ces pertes seront finalement l'objet de corrections». «Le verdict définitif sur la politique menée par la BNS ne pourra être rendu que dans quelques années», a-t-il déclaré.


Hausse des exportations

Interrogé sur la bonne performance des exportations helvétiques en février, malgré le franc fort, le patron de la BNS a nuancé ces résultats. «On constate un tassement dans la hausse des exportations. Et les exportations suisses ont moins augmenté en termes relatifs que dans d'autres pays», a indiqué Philipp Hildebrand.

La politique de diversification des entreprises suisses, leurs produits haut de gamme, la croissance robuste des pays émergents, mais aussi celle de l'Allemagne, expliquent des résultats meilleurs qu'attendus, compte tenu du franc fort, a-t-il expliqué.

Toutefois, la hausse du franc pourrait se répercuter avec retard et elle s'accompagne d'une réduction des marges des entreprises, a-t- il averti. La contraction des profits réalisée pour maintenir des parts de marché peut nuire à la capacité d'investir et donc à la croissance future, a-t-il mis en garde. La BNS maintient sa prévision de croissance à 2% pour l'économie suisse en 2011.


Risques de distorsion

Le président de la BNS a averti en outre que plus les taux d'intérêt se maintiennent à un niveau proche de zéro, plus les risques de distorsion s'accroissent pour le secteur de la construction et le marché immobilier. «Plus cette situation dure, plus il y a de risques pour le marché immobilier», a-t-il prévenu.

Interrogé sur les critiques de l'Union démocratique du centre (UDC) à son encontre, Philipp Hildebrand a répliqué que cela faisait partie du jeu démocratique. «Il est normal que la politique de la banque centrale suscite de vives discussions», a-t-il dit en soulignant l'indépendance de la BNS sur le plan politique.

Enfin, le président de la BNS a exprimé son optimisme sur l'adoption des recommandations de la commission d'experts consacrée au problème des établissements trop grands pour faire faillite (»too big to fail»). Il s'est déclaré convaincu que l'application de ces recommandations réduira les risques et renforcera à long terme la compétitivité des banques suisses.

(ats)