«La question reste ouverte»

11 décembre 2008 14:44; Act: 11.12.2008 14:48 Print

Pertes ou gains pour le «fonds UBS»?

Rien ne permet actuellement de prévoir que la liquidation des actifs toxiques rachetés à l'UBS pour quelque 60 milliards de dollars débouchera sur un gain ou sur une perte, a indiqué la BNS jeudi.

Une faute?

Celle-ci rappelle que deux mécanismes de protection sont prévus.

La gestion des actifs rachetés à l'UBS sera confiée à une société à but spécial créée fin novembre, a indiqué la Banque nationale suisse (BNS) jeudi à Zurich. Cette société est baptisée «SNB StabFund Société en commandite de placements collectifs», avec siège à Berne.

Les actifs rachetés seront évalués au cours en vigueur le 30 septembre 2008. Leur évaluation sera confiée à des experts indépendants. Leur jugement sera comparé à celui de l'UBS et «nous prendrons l'évaluation la plus basse», a indiqué Thomas Jordan, membre de la direction générale de la BNS. Aucune précision n'a été donnée sur la nature exacte de ces actifs.

Une première tranche devrait être reprise cette année. Une évaluation sera menée à la fin de l'année, puis au 30 mars 2009. L'ampleur d'une éventuelle perte pour le début de l'activité du fonds ne pourra être établie qu'à ce moment-là.

«Réalité économique»

Jean-Pierre Roth, président de la direction de la BNS, a rappelé que «nous avons acheté des actifs totalement dépréciés, à 10% de leur valeur nominale. Mais ces titres sont adossés à des prêts hypothécaires et, partant, à une réalité économique. Or 90% des clients de ces prêts ne vont pas faire faillite.»

La BNS ne s'avance néanmoins pas sur l'issue de la liquidation des actifs toxiques. «La question d'un gain ou d'une perte est totalement ouverte», a affirmé Thomas Jordan.

Le responsable a tenu à rappeler que deux «amortisseurs» étaient à disposition de la BNS. Tout d'abord, l'UBS a dû fournir 10% de fonds propres (6 milliards de dollars) et, en deuxième lieu, la banque devra céder 100 millions d'actions UBS, au maximum, en cas de pertes. Enfin, si cela ne suffisait pas, la BNS peut compter sur un «très grand coussin» de 60 milliards de francs de réserves.

«Amortir de nouveaux chocs»

Quant à la situation prévalant actuellement sur les marchés pour les banques, le vice-président Philipp Hildebrand a déclaré que «d'autres pertes ne sont pas à exclure étant donné la morosité des conditions du marché.»

«Il n'y a aucune urgence à intervenir à nouveau et les mesures prises jusqu'ici ont donné aux grandes banques la capacité d'absorber des chocs supplémentaires, a précisé M. Hildebrand en réponse à un journaliste. Mais nous sommes aussi payés, et bien payés, pour réfléchir à ce qui pourrait arriver. C'est notre devoir.»

(ats)