Résultats 2010

28 mars 2011 07:41; Act: 28.03.2011 14:56 Print

Romande Energie face à un tassement

Romande Energie a vu l'ensemble de ses résultats reculer en 2010.

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Romande énergie fait face à un bénéfice en berne. (Photo: Keystone)

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Romande Energie a connu une année 2010 en demi-teinte, avec un chiffre d'affaires et un bénéfice en baisse. La catastrophe au Japon n'a pas influencé les mentalités jusqu'à présent, regrette le groupe qui se heurte à de nombreux obstacles pour développer le renouvelable.

Questionné sur le drame du 11 mars au Japon, Pierre-Alain Urech, directeur général de Romande Energie, s'est montré lundi très ému par les souffrances endurées par la population japonaise. «Pour l'instant», il ne voit cependant pas de changement de mentalité en Suisse par rapport aux concessions nécessaires pour produire davantage d'électricité grâce aux énergies renouvelables.

Centaines d'oppositions

Plus de 1600 oppositions ont été dénombrées contre le projet de 7 éoliennes à Sainte-Croix (VD). «Nous sommes malheureusement freinés» par la lourdeur des procédures, alors qu'il faudrait quelque 7600 éoliennes en Suisse pour remplacer les centrales nucléaires, a expliqué le responsable à l'occasion de la présentation des résultats 2010.

Malgré ces difficultés, Romande Energie «y croit», considérant l'éolien comme la solution «la plus porteuse». Le projet Enerbois est un autre exemple des difficultés rencontrées par la production de courant vert. Devisée à 40 millions, la plus grande centrale biomasse de Suisse romande nécessitera des «investissements complémentaires».

Trop cher

Enerbois produit trop de chaleur par rapport au courant, ce qui ne lui permet pas d'obtenir la subvention fédérale convoitée (RPC). Le prix de ce courant atteint 18-19 centimes le kWh contre les 10 du marché, une surtaxe «qu'aucun client n'est prêt à payer», a affirmé Pierre-Alain Urech, estimant à 6 millions le coût pour Romande Energie.

La tragédie japonaise du 11 mars marquera toutefois les esprits sur la durée, comme le 11 septembre l'a fait sur un autre registre, estime le directeur général. La Confédération a entrepris de réviser sa politique énergétique, avec peut-être la relance de projets écartés, comme la centrale au gaz de Chavalon.

Problème européen

La problématique ne peut pas être restreinte à la Suisse, elle est européenne, selon Pierre-Alain Urech. Romande Energie a abandonné le projet de centrale à charbon en Allemagne à Brunsbüttel. «On verra» s'il y a une relance de telles initiatives outre-Rhin.

Romande Energie produit 15% de son électricité et achète le reste. La part de nucléaire est impossible à déterminer dans ces 85%, a affirmé Pierre-Alain Urech. Ce qui est fondamental à ses yeux est de savoir quel prix on est prêt à payer le kWh en Suisse. Car la consommation ne cesse d'augmenter, malgré d'intenses efforts d'efficience énergétique.

Croissance énorme

Le canton de Vaud est même «un peu dans une bulle» avec sa croissance. En 2010, les volumes distribués ont augmenté de 3,9% en terre vaudoise contre 2% en moyenne helvétique. «C'est énorme», a commenté le directeur général, en rappelant que le canton s'attendait encore à des dizaines de milliers d'habitants supplémentaires ces prochaines années.

Pour 2010, le groupe a dégagé un bénéfice net de 84 millions de francs, contre 713 millions en 2009, un montant qui avait bénéficié de la transaction ayant abouti à la création d'Alpiq. Sans cet élément exceptionnel, le bénéfice net est en baisse de 17%.

Electricté plus coûteuse

Le chiffre d'affaires a reflué de 1,1%, à 577 millions de francs, alors que la marge brute opérationnelle progressait de 7,4% à 237 millions de francs. La baisse de l'euro a aussi joué des tours au groupe, avec une correction comptable de 19 millions de francs.

Les achats d'énergie sont couverts à 95% pour 2011 et à 90% pour 2012. Mais l'accident de Fukushima a provoqué du jour au lendemain une hausse de 10% sur le marché pour les achats des années à venir, jusqu'en 2016. «A court terme, le client n'a pas de souci à se faire», a cependant assuré Pierre-Alain Urech.

(ats)