Aéronautique et défense

31 mars 2011 14:35; Act: 31.03.2011 16:11 Print

Ruag a retrouvé les bénéfices l'an passé

Ruag a renoué avec les chiffres noirs en 2010.

storybild

Ruag est aux mains de la Confédération. (Photo: Keystone)

Une faute?

RUAG a renoué avec les chiffres noirs l'an dernier. Le groupe technologique et d'armement, intégralement en mains de la Confédération, a dégagé un bénéfice net de 92 millions de francs, après la perte de 107 millions essuyée lors de l'exercice 2009.

Ce «solide» retour reflète la stratégie de concentration et minimisation des risques, a expliqué Lukas Braunschweiler, patron de RUAG, jeudi à Zurich dans les locaux de la division Space. Celle-ci, propriété du groupe Oerlikon jusqu'en 2009, fabrique notamment des coiffes de fusées (Ariane 5, Vega et Atlas).

Une activité aérospatiale qui constitue désormais une jolie vitrine pour le groupe bernois. Elle rassemble des unités de production en Suisse, dont celle de Nyon (VD) et sa soixantaine d'employés, en Suède et en Autriche. Son chiffre d'affaires a augmenté d'un quart par rapport à l'année 2009 pour s'établir à 283 millions de francs.

Equilibre entre civil et militaire

Le chiffre d'affaires total a pour sa part progressé de 5,9% pour s'inscrire à 1,796 milliard de francs. Les applications civiles en ont constitué 52% (contre 47% en 2009), le solde revenant aux applications militaires. Cet équilibre devrait continuer de prévaloir ces prochaines années.

Au niveau opérationnel, le résultat (EBIT) a également retrouvé la zone bénéficiaire à hauteur de 98 millions de francs, contre une perte de 113 millions un an plus tôt. A noter que RUAG a consacré l'équivalent d'un dixième de son chiffre d'affaires aux activités dédiées à la recherche et au développement.

Le plongeon dans le rouge de 2009 s'expliquait par la constitution de provisions en lien avec les pièces pour avions, dont la production s'était révélée moins lucrative que prévu. Le phénomène provenait avant tout de l'impact de la récession économique qui a retardé de grands projets, en particulier chez Airbus.

Armée suisse principal client

Quatre des cinq divisions ont dégagé des bénéfices d'exploitation. Seul le secteur Aviation évolue dans les chiffres rouges au niveau de l'EBIT, avec une perte de 11 millions de francs en 2010, en raison des charges non récurrentes (amortissements spéciaux et provisions) pour 30 millions, notamment en Allemagne.

Les entrées de commandes arrêtées à fin 2010 montrent un visage quelque peu contradictoire, avec une contraction de 8% sur un an à 1,71 milliard de francs. Lukas Braunschweiler s'est voulu rassurant en indiquant qu'il s'agissait là d'un effet de base induit par la prise en compte d'une grosse commande en 2009.

La Confédération n'est pas seulement propriétaire de RUAG, mais aussi son plus gros client. Le Département fédéral de la défense (DDPS), à savoir l'armée suisse, a assuré à lui seul l'an dernier 35% du chiffre d'affaires, contre un taux de 36% en 2009, soit près de 630 millions de francs.

La fin pour Plan-les-Ouates

La Suisse n'a toutefois représenté «que» 43% du chiffre d'affaires total de RUAG, dont le reste a été réalisé en Europe (43% aussi), en Amérique du Nord (9%) et en Asie/Pacifique (3%). Le groupe occupait au total 7719 employés à la fin de l'exercice écoulé, un nombre en progression de 185.

Enfin, conformément à des annonces antérieures, le site de Plan- les-Ouates (GE) sera bel et bien fermé en juin 2012, à moins que RUAG ne déniche d'ici là un acquéreur. Il emploie encore 40 personnes et se concentre sur la production de composants en titane et en nickel pour l'aviation militaire et civile.

En ce qui concerne les exportations d'armes à destination du monde arabe, en particulier l'Arabie Saoudite, RUAG a rappelé respecter scrupuleusement les prescriptions fédérales en la matière. La région ne concentre d'ailleurs qu'une petite part des livraisons à l'étranger.

(ats)