Après la florissante année 2008

22 décembre 2008 10:47; Act: 22.12.2008 10:54 Print

Vents contraires en prévision pour l'horlogerie suisse

Récession oblige, l'horlogerie suisse devra en 2009 mettre de côté l'euphorie de ces dernières années, malgré un exercice 2008 encore record.

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Mais pas question de céder à la morosité. Le secteur est sain et ne revivra pas la crise d'il y a 30 ans.

Incertitude, manque de visibilité, conduite dans le brouillard: quelques mots pour résumer le sentiment de Jean-Daniel Pasche à l'heure d'aborder 2009. «Il est trop tôt pour déterminer la durée et l'ampleur de la crise économique», relève le président de la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH).

Difficile mais pas catastrophique

Les premiers mois de l'an prochain confirmeront la baisse de 15,3% relevée en novembre, une première depuis plus de trois ans et demi, constate-t-il dans un entretien accordé à l'ATS. Impossible toutefois de chiffrer le phénomène, en tout cas pas avant le Salon mondial de l'horlogerie Baselworld en mars.

«La situation n'est pas pour autant catastrophique», tempère Jean-Daniel Pasche. L'année 2008 se terminera sur un nouveau record avec des exportations qui sur onze mois seulement ont déjà atteint le montant (15,96 milliards de francs), déjà historique, réalisé en 2007 sur l'entier de l'exercice.

Nouveau record

Avec décembre, on devrait s'approcher de la barre des 17 milliards de francs. Reste que 2009 devrait entraîner un retour au niveau des performances de 2006-2007. Une perspective de contraction que Jean-Daniel Pasche se refuse de dramatiser, en écartant d'emblée la comparaison avec la crise des années 1970- 1980.

A l'époque, le secteur avait dû affronter les effets d'une crise conjonturelle doublée d'une crise structurelle, rappelle-t-il. «On peut parler plutôt d'une baisse à un haut niveau», surtout lorsqu'on se souvient que l'horlogerie suisse a connu une croissance de l'ordre de 45% depuis 2005.

Entreprises en difficulté

La branche, troisième force exportatrice suisse derrière les machines et la pharma-chimie, dispose globalement d'une implantation diversifiée, notamment en Asie où Japon mis à part tout le monde ne connaît pas la crise. Chine et Inde devraient demeurer des marchés porteurs, «des éléments stabilisateurs».

Au-delà, des marques sont confrontées aux difficultés, avec des sous-traitants qui ont déjà recouru au chômage partiel. La semaine dernière, par exemple, MGI Luxury (Movado, Ebel et Concord) a annoncé la suppression de presque un quart de ses effectifs (50-60 postes sur 260) à Bienne et La Chaux-de-Fonds.

Acteurs divers

Des faits qui rappellent combien l'horlogerie est constituée d'acteurs divers, de l'entrée de gamme et au très haut de gamme, avec des présences pas forcément sur tous les marchés. Ce qui implique un ressenti très varialbe de la récession. Jusqu'à présent, le haut de gamme paraît mieux résister que le reste.

En tout cas, à en croire les échos répercutés par Jean-Daniel Pasche, les entreprises abordent 2009 avec la plus grande prudence. Des dates-clé en termes de ventes, comme le Noël orthodoxe (7 janvier) ou le Nouvel-An chinois (26 janvier), apporteront les premiers éléments de réponse quant à l'ampleur du retournement.

(ats)