Energy Challenge

16 octobre 2018 09:39; Act: 18.10.2018 09:08 Print

Quelle est la valeur énergétique des aliments?

par Stephanie Sigrist - Notre lectrice Alina s’inquiète du bilan énergétique de son alimentation. Doit-elle devenir végétalienne afin de protéger l’environnement?

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Mon ami est végétalien et n’arrête pas de me rabâcher que seul le régime végétalien est écologique et que les carnivores portent une lourde responsabilité vis-à-vis des changements climatiques. Est-ce vrai? En gros, combien d’énergie économise-t-il en renonçant aux produits d’origine animale? Je n’arrive pas à m’imaginer ne plus manger de viande. Comment puis-je améliorer malgré tout le bilan énergétique de mon alimentation?

Alina, 21 ans (Bâle, BS)

Renoncer à la viande ou plus généralement aux produits d’origine animale est un choix personnel. Toutefois, tous les aliments ont une valeur énergétique, qu’on appelle l’énergie grise. Grâce à un comportement réfléchi vis-à-vis de la consommation, tu peux considérablement contribuer à réduire ta consommation d’énergie sans pour autant devoir totalement renoncer à la viande.

Chaque produit nécessite de l’énergie qui est utilisée pour la production, le stockage, le transport, la vente et l’élimination de ce dernier. On l’appelle familièrement «l’énergie grise». Environ 12% de l’énergie est consommée dans les ménages sous forme d’énergie grise. En chiffres, cela se traduit par l’équivalent de trois litres de mazout par personne et par jour environ. Quand on utilise des combustibles fossiles, comme le carburant destiné au tracteur ou du courant produit dans des centrales à charbon, il se forme du CO2, un gaz à effet de serre qui est la principale cause des changements climatiques. Lors de la production de denrées alimentaires, d’autres substances néfastes pour le climat s’y ajoutent. C’est notamment le cas du méthane, dégagé par l’élevage, ou de l’engrais épandu sur les produits végétaux. Globalement, environ 30% de la pollution peuvent être attribués à l’alimentation.

Les gigantesques formats économiques ne valent le coup que pour les familles nombreuses

Le plus simple, pour économiser efficacement de l’énergie, c’est de commencer par s’attaquer aux quantités: il ne faut jamais acheter plus que ce que l’on consomme. L’adage de nos grands-parents correspond assez bien à cette idée: «Il ne faut en mettre plus sur la table que l’on ne peut manger!» A moins d’avoir une grande famille, cela ne vaut pas le coup d’acheter des paquets économiques. Même en en conservant la moitié dans le congélateur, le courant que cela nécessite coûte plus cher que le rabais obtenu.

La deuxième question à se poser est la suivante: comment les aliments sont-ils transportés du magasin au domicile? Aller au centre commercial en voiture nécessite également du carburant, en particulier quand le centre commercial n’est pas vraiment dans le coin. Dans ce cas, tu peux peut-être profiter de ton trajet en rentrant du travail pour aller au supermarché ou faire tes achats dans les magasins de ton quartier. Quant aux courses moins chères dans les pays voisins, elles ne valent le coup que pour ceux qui habitent à la frontière-même.

Cinq litres de pétrole pour des asperges d’outre-mer

La troisième étape consiste à choisir tes aliments. Les produits de saison de la région consomment sensiblement moins d’énergie. La différence de consommation d’énergie est particulièrement impressionnante dans le cas des asperges: une botte d’asperges venue d’outre-mer coûte l’équivalent de cinq litres de pétrole. Pour les asperges suisses, la consommation d’énergie tombe à 0,3 litre! Outre l’énergie nécessaire au transport, le mode de production a une grande influence: les tomates cultivées en plein champ, qui poussent sur un sol naturel, contiennent près de quatre fois moins d’énergie grise que les tomates hors sol issues de serres.

Une consommation de viande réfléchie va te permettre de réduire davantage ta consommation d’énergie: lors de la production de viande de bœuf, l’animal «consomme» environ dix fois l’énergie qui finit dans ton assiette. La volaille et la viande de porc ne nécessitent que la moitié de cette énergie.

La boisson la moins chère et la plus économe en énergie: l’eau du robinet

Pour finir, l’exemple le plus saisissant: l’eau! Achetée en bouteille, elle consomme 1000 fois plus d’énergie que l’eau du robinet. En Suisse, nous sommes pourtant particulièrement privilégiés: dans chaque ville et chaque commune, l’eau du robinet peut être consommée sans inquiétude. En effet, notre eau du robinet est considérée comme un aliment et donc soumise à des contrôles de qualité extrêmement stricts. De plus, sa température est idéale et il n’est donc pas nécessaire de la placer d’abord au réfrigérateur. Elle ne nécessite pas non plus d’emballage, et vous n’avez pas besoin de la ramener à la maison en la portant à bout de bras.