Scandale dans le patinage

06 février 2020 20:05; Act: 07.02.2020 09:09 Print

«Tu couches avec moi et tu ne paies rien»

Un nouveau témoignage de la mère d'une jeune patineuse, recueilli par le quotidien «L'Équipe», non prescrit celui-là, accable l'ex-entraîneur de patinage Gilles Beyer.

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Gilles Beyer, l'ex-entraîneur de patinage au cœur du scandale de violences sexuelles depuis une semaine, se tient «à la disposition» de la justice, a indiqué jeudi son avocat. «Mis en cause depuis plusieurs jours dans les médias, Gilles Beyer réserve ses déclarations à la justice, à la disposition de laquelle il se tient», a déclaré Me Thibault de Montbrial, qui a été choisi par Gilles Beyer pour le défendre.

Jusqu'à présent, Beyer était mis en accusation par deux patineuses, dont l'ancienne championne Sarah Abitbol alors âgée de 15 à 17 ans, pour des faits de viols et d'agressions sexuelles ayant eu lieu entre la fin des années 1970 et le début des années 1990. Des faits - notamment dénoncés dans le livre d'Abitbol, «Un si long silence» (Plon) - qui paraissent prescrits.


Pas de plainte déposée à ce stade

Mais le parquet de Paris a annoncé mardi l'ouverture d'une enquête pour viols et agressions sexuelles sur mineurs par personne ayant autorité sur la victime. Mercredi soir, la mère d'une jeune patineuse a accusé Gilles Beyer de harcèlement sexuel et de chantage entre 2017 et 2018, selon un témoignage rapporté par L'Équipe. Des faits récents qui tomberaient sous le coup d'une possible action judiciaire.

L'origine de la plainte remonte à l'époque où Nadjma Mahamoud, championne de France juniors en 2014, a souhaité rejoindre à l'automne 2017 le club parisien des Français volants, dans lequel exerçait Gilles Beyer. «Il a commencé à m'envoyer régulièrement des messages obscènes», raconte Sabina Mahamoud, la mère de la jeune patineuse. L'entraîneur lui a ensuite proposé des relations sexuelles, contre des cours gratuits: «Tu couches avec moi, tu ne paies rien et je fais monter ta fille à haut niveau», lui aurait-il dit.

Au total, plus de 120 SMS ont été échangés entre Gilles Beyer et Sabina Mahamoud, du 27 octobre 2017 au 24 mars 2018, selon L'Équipe, qui se les est procurés.

«Il n'y a pas de plainte à ce stade déposée contre Gilles Beyer», a indiqué jeudi, une source judiciaire. Ce qui n'empêche pas le parquet de se saisir lui-même de ces accusations désormais publiques. En 2001, Gilles Beyer a fait l'objet d'une enquête administrative, déclenchée sur la base de signalement de parents d'une jeune patineuse, qui avait conclu qu'il ne devait plus avoir «aucune fonction d'encadrement de jeunes» et avait conduit le ministère des Sports à mettre fin à ses fonctions de cadre d'État, au 31 mars 2001.

(20 minutes/afp)