France

09 avril 2019 08:12; Act: 10.04.2019 08:15 Print

«Je ne me pardonnerai jamais ce que j'ai fait»

Une mère de famille, accusée d'infanticide, est jugée en France. Son bébé avait été retrouvé dans un congélateur, il y a 9 ans.

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Une mère jugée pour avoir mis son nouveau-né dans le congélateur.

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Le procès d'une mère de famille, accusée d'infanticide après la découverte de son nouveau-né dans un congélateur en 2010 à Lasbordes, s'est ouvert lundi devant la cour d'assises de l'Aude.

L'accusée, âgée de 43 ans, s'est présentée libre devant la cour. Jugée pour «homicide volontaire sur mineur de moins de 15 ans», Karine E. avait été placée sous contrôle judiciaire après les faits.

«Je ne me pardonnerai jamais ce que j'ai fait», a-t-elle déclaré à la barre, affirmant avoir tenté de se suicider peu après les faits. «Ce qui m'a sauvée, c'est mon travail et mon fils», ajoute cette aide à domicile, qui a pu reprendre la garde de son premier fils.

Les faits remontent au mois de juin 2010. Le compagnon de la mère avait retrouvé le bébé enveloppé dans un sac plastique dans le congélateur de leur maison de Lasbordes, une localité de quelques centaines d'habitants entre Castelnaudary et Carcassonne.

La mère s'était alors spontanément présentée à la gendarmerie.

Pendant l'instruction, elle a soutenu qu'elle ignorait être enceinte, ce dont elle avait d'autant moins de raisons de croire qu'elle prenait la pilule.

«Assez punie»

Elle avait déclaré avoir découvert sa grossesse en tombant d'une échelle sur le ventre et avoir été prise de contractions. Selon ses déclarations, l'enfant n'avait pas crié à la naissance.

Une expertise avait toutefois conclu que le nouveau-né, un garçon, était vivant à la naissance.

Cette question était cruciale: si l'enfant était mort né, il n'y aurait pas d'infraction pénale et les poursuites auraient été impossibles.

La décision de la cour est attendue mercredi. Le père du nouveau-né et compagnon à l'époque de l'accusée, dont il s'est depuis séparé, s'est porté partie civile et n'était pas présent à l'audience.

Son précédent compagnon l'était lui, qu'elle décrit comme un «monstre», auteur de «coups répétés» à son endroit. A la barre, l'homme évoque de la jalousie mais pas de violences physiques, avant de s'empêtrer face aux questions.

Souvent en pleurs, Karine E. évoque aussi une enfance difficile, auprès d'une mère alcoolique, décédée dans un accident de voiture quand elle avait 20 ans. «Elle disait qu'elle préférait boire que s'occuper de nous», dit l'accusée, sur qui est alors retombé la charge de son frère cadet.

«Elle s'est occupée de moi comme d'une mère», corrobore-t-il à la barre. Leur père a lui demandé aux jurés de «sortir Karine de ça pour qu'elle s'occupe de son fils. En l'enfermant on ne changera rien, elle est assez punie».

(nxp/afp)