«Momo challenge»

04 mars 2019 12:53; Act: 04.03.2019 13:51 Print

«Momo est mort. La malédiction est brisée»

L'artiste qui a créé la sculpture à l'origine du «Momo challenge» tente de mettre fin à la psychose en annonçant qu'il a détruit son oeuvre.

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Il sème la terreur parmi les jeunes utilisateurs de WhatsApp depuis plusieurs mois. Lui, c'est Momo, une créature cauchemardesque aux longs cheveux noirs, aux yeux exorbités et à la bouche difforme. Ce monstre terrifiant est le protagoniste d'un jeu macabre né sur WhatsApp: il menace ses participants en les incitant à commettre des actes dangereux pouvant aller jusqu'à la mort. C'est le «Momo challenge», que plusieurs parents tiennent pour responsable du décès tragique de leur progéniture.

A l'origine, cette créature qui fait tant trembler les enfants et pré-adolescents était en fait une sculpture d'un studio d'animation japonais. L'artiste qui a créé cette oeuvre se retrouve, bien malgré lui, mêlé à cette psychose. Dans l'espoir de mettre fin à ce jeu destructeur et pour tranquilliser ses victimes, son créateur s'est confié au «Sun». «Momo n'existe plus, il n'était pas censé durer. Il a pourri et je m'en suis débarrassé. Que les enfants se rassurent, Momo est mort. La malédiction est brisée», assure Keisuke Aiso.

«Je me sens un peu responsable»

Créée en 2016, «Mother Bird» (maman oiseau) était exposée dans une galerie d'art alternatif à Tokyo. L'oeuvre représentait le torse nu d'une femme et le bas de son corps évoquait celui d'un volatile. Keisuke Aiso, qui dit s'être inspiré de films d'horreur, admet que son intention était bel et bien de terrifier le public. Il était cependant loin de se douter que sa création deviendrait le centre d'un jeu macabre visant les jeunes. «Des enfants ont été affectés et je me sens un peu responsable de cela», confie l'artiste.

Le «Momo challenge» a commencé à se propager en juillet 2018. Sous le pseudo de Momo, des utilisateurs de WhatsApp contactent des jeunes et tentent de les convaincre de les contacter. A l'image du tristement célèbre «Blue whale challenge», les participants doivent réaliser une série de défis potentiellement dangereux, pouvant aller jusqu'au suicide. Les «joueurs» qui refusent d'obtempérer reçoivent des menaces, des photos terrifiantes ou autres vidéos sanglantes. Dans le cas du «Momo challenge», c'est précisément cette créature difforme qui sème la terreur.

Pour l'heure, aucun suicide de jeune n'a été officiellement imputé à ce jeu. Mais des avertissements et conseils de sécurité ont été diffusés un peu partout dans le monde.


(joc)