Enfants fauchés à Lorient

19 juin 2019 11:41; Act: 19.06.2019 12:04 Print

«Une petite frappe. Le mot juste, c'est baltringue»

Les habitants du quartier où a grandi Killian L.-R. et d'où sont originaires ses victimes font part de leur soulagement après l'arrestation du chauffard.

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Selon son avocate, le chauffard est «dépassé par les événements». (Photo: DR)

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Il avait pris soin de se raser la tête et de couper son habituel bouc pour ne pas être reconnu, mais cela n'a pas suffi. Mardi, une femme de chambre travaillant dans un hôtel du Morbihan (Bretagne) a fait le lien entre ce client et l'homme recherché après qu’il a renversé deux enfants sur un trottoir à Lorient. Interpellé, Killian L.-R. a reconnu les faits. Selon son avocate, le jeune homme de 20 ans semble «dépassé par les événements et reste sur la réserve».

«À chaque fois que le sort des victimes était évoqué, il fondait en larmes. Il commence à prendre conscience des conséquences qu'auront ses actes sur sa vie», a expliqué Me Aurélie Le Goff à BFM TV. Dans le quartier d'où sont originaires les victimes et où Killian L.-R. a grandi, c'est le soulagement. Selon une mère de famille interrogée par «Le Parisien», «tout le monde savait» qu'il roulait sans permis de conduire. «Il paradait sur Facebook ou Instagram au volant de grosses voitures. Et j'ai envie de dire qu'autorités comprises, on a tous cautionné cette bêtise», tempête-t-elle.

«La complicité d'un tiers ne fait aucun doute»

Selon une source proche de l'enquête, le chauffard venait de prendre ses quartiers dans cet hôtel bas de gamme quand il a été arrêté. Quelqu'un aurait réservé et payé à sa place, pour lui éviter d'avoir à sortir de sa chambre. Pour les habitants, aucun doute: Killian a bénéficié de l'aide d'un ami. «Vous voyez la Mercedes, là? Et hop, la Clio se gare à côté, et la marchandise change de main. (...) Ces vingt jeunes qui tiennent le business et pourrissent la vie des habitants, ce sont tous les potes de Killian. Ce sont ses «amis shit». Je suis sûre qu’ils ont été solidaires», dénonce une riveraine. «La complicité d'un tiers ne fait aucun doute au vu de la longueur de la cavale», confirme pour sa part l'avocate du chauffard.

Une habitante, dont le fils a un temps été copain avec Killian, raconte avoir toujours eu un mauvais feeling avec le jeune homme, placé en famille d'accueil après le divorce de ses parents. «Je ne l'ai jamais senti. Il était faux, et déjà lâche», confie-t-elle, avant d'ajouter: «Killian, c'était une petite frappe. Le mot juste, c'est baltringue, comme tout le monde ici l'a toujours qualifié.» Depuis l'arrestation du chauffard, le voisinage respire et peut enfin laisser ses enfants sortir sans crainte. «On va pouvoir repartir de l'avant. Mais Lorient mettra du temps à s'en remettre», conclut une riveraine.

(joc)