19 mars 2008 21:38; Act: 20.03.2008 16:07 Print

Chantal Sébire retrouvée morte chez elle

Chantal Sébire, cette femme de 52 ans atteinte d'une maladie incurable et qui souhaitait être euthanasiée, a été retrouvée morte mercredi soir à son domicile de Plombières-les-Dijon (Côte-d'Or), a-t-on confirmé de source gouvernementale.

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Cette source ne s'est pas prononcée sur les circonstances de son décès, qui avait été annoncé plus tôt par le site Web du quotidien local «Le Bien Public».

Agée de 52 ans, cette mère de trois enfants, ancienne professeur des écoles, était atteinte depuis huit ans d'un esthésioneuroblastome, une tumeur évolutive des sinus et des cavités nasales. Elle souhaitait se voir administrer une dose de dix grammes de penthotal pour pouvoir mettre fin à ses jours, chez elle, entourée par sa famille.

Mais, lundi, le tribunal de grande instance de Dijon avait rejeté la demande d'euthanasie déposée par cette femme défigurée par une tumeur évolutive, une décision jugée «inhumaine» par son avocat, Me Gilles Antonowicz.

Vendredi dernier, le parquet de Dijon avait demandé que cette requête soit jugée irrecevable, estimant que la loi Leonetti sur la fin de vie prévoyait l'euthanasie passive, mais pas active.

Dans son ordonnance, le vice-président du tribunal de Dijon, René-Jean Jaillet, observait que, «même si la dégradation physique de Mme Sébire mérite la compassion, le juge en l'état de la législation française ne peut que rejeter sa demande». Il notait ainsi que sa requête «s'oppose au code de déontologie médicale», au code pénal, ainsi qu'à la Convention européenne des droits de l'Homme.

Chantal Sébire souhaitait mourir chez elle, «entourée des siens, et non dans une chambre anonyme d'un hôtel de Zurich» et se refusait également à «recourir à des moyens qui seraient susceptibles de mettre en danger la vie de tiers ou de traumatiser ses proches», selon la requête déposée la semaine dernière au tribunal par son avocat.

Son avocat avait fait savoir qu'il ne ferait pas appel de la décision du tribunal. «Le temps de la justice n'est plus le temps de Mme Sébire (...) Elle ne peut pas tenir trois mois, ce n'est pas possible». L'avocat a souligné qu'elle pouvait «mourir d'une minute à l'autre» d'une «hémorragie cataclysmique».

La loi sur la fin de vie du 22 avril 2005, dont Jean Leonetti était le rapporteur à l'Assemblée nationale, instaure un droit au «laisser mourir», sans permettre aux médecins de pratiquer une euthanasie active.

Dans la journée, le député UMP Jean Leonetti avait annoncé avoir été chargé par le Premier ministre François Fillon d'une mission d'évaluation de la loi de 2005 sur la fin de vie, après l'affaire Sébire qui a relancé le débat sur l'euthanasie en France.

Un conseiller de Nicolas Sarkozy, le professeur Arnold Munnich, s'était entretenu mercredi matin à l'hôpital européen George-Pompidou à Paris avec le médecin traitant de Mme Sébire, le Dr Emmanuel Debost, ainsi qu'avec le Pr Daniel Brasnu, chef du service ORL à l'Hôpital Georges-Pompidou.

Les trois hommes ont ensuite été reçus à l'Elysée par M. Sarkozy, selon un communiqué. Le chef de l'Etat s'est dit «particulièrement sensible à la souffrance de Mme Sébire et de sa famille, ainsi qu'à l'appel qui lui était lancé».

La nouvelle secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano a rappelé mercredi qu'elle était favorable à la création d'une «commission nationale d'exception d'euthanasie», qui traiterait des «cas particuliers» comme celui de Chantal Sébire. Ce principe d'exception d'euthanasie avait été évoqué par le comité national d'éthique dans un avis du 27 janvier 2000 pour les situations limites ou dans des cas extrêmes, reconnus comme tels.

Jean-Luc Roméro, président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), a dit ressentir «beaucoup de tristesse» à l'annonce du décès de Mme Sébire. «Aujourd'hui, (Chantal Sébire) relance un débat extrêmement important dans notre pays, et ça, on le lui doit, comme on l'a dû à un moment à Vincent Imbert et à sa maman. On le doit à ces être exceptionnels, et elle en faisait partie», a-t-il déclaré au micro de LCI.

Marie Humbert, la mère de Vincent Imbert, a exprimé sa colère, affirmant que Mme Sébire, à bout de recours, a été forcée de mettre fin à ses jours. «Ca me bouleverse. Tout le monde voulait qu'elle en arrive là, à se débrouiller toute seule. Eh bien, voila, elle s'est suicidée», a affirmé Mme Humbert. «Personne pour l'aider, personne à côté d'elle, je trouve ça difficile à imaginer, la souffrance qu'elle a dû avoir toute seule. Ca me met en colère, vraiment.»

(ap)

Les commentaires les plus populaires

  • delsol sylvie le 17.03.2008 15:00 Report dénoncer ce commentaire

    droit de mourir

    qu elle parte en suisse ou en hollande et qu elle laisse tomber la france

  • rêve le 21.03.2008 13:30 Report dénoncer ce commentaire

    A qui appartient la vie ?

    Ben c'est là le problème : notre vie ne nous appartient même pas !

  • ?! le 20.03.2008 15:21 Report dénoncer ce commentaire

    Quel monde!

    Ben voilà pour ceux qui disaient qu'elle n'avait qu'à se suicider, elle l'a fait.Et c'est facile de dire qu'elle se suicide mais faut avoir du courage alors si elle a demandé l'euthanasie c'est qu'elle souffrait et ne voulait pas mourir en souffrant encore plus.

Les derniers commentaires

  • braissant Janick le 21.03.2008 22:45 Report dénoncer ce commentaire

    Chére Chantal

    Comment peut-on lasisser une maman souffrir à ce point sans réaigir!! Moi étant assistante vétérinaire je me met à penser qu'en France La souffrance des animaux est mieux respectée que celle des humains!!! C'est grave... Quand on aime une personne peut- on accepter de le voir souffrir

  • rêve le 21.03.2008 13:30 Report dénoncer ce commentaire

    A qui appartient la vie ?

    Ben c'est là le problème : notre vie ne nous appartient même pas !

  • Un ami le 21.03.2008 12:00 Report dénoncer ce commentaire

    Triste réalité

    Moi ce qui me gêne est que, notre société décide de notre sort. La vie, est un bien qui appartien à chacun, et uniquement à eux. Si quelqu'un veut mourrir, ce n'est pas à la société de décider. Notre vie n'appartient pas à la société, c'est la notre.

  • ?! Suite le 20.03.2008 15:23 Report dénoncer ce commentaire

    suite

    Mourir dignement savez-vous ce que ça veut dire? Alors réfléchissez avant d'écrire. Ayez un minimum de compassion au moins c'est trop vous demandez?! Ne pensez pas qu'à votre petite personne!

  • ?! le 20.03.2008 15:21 Report dénoncer ce commentaire

    Quel monde!

    Ben voilà pour ceux qui disaient qu'elle n'avait qu'à se suicider, elle l'a fait.Et c'est facile de dire qu'elle se suicide mais faut avoir du courage alors si elle a demandé l'euthanasie c'est qu'elle souffrait et ne voulait pas mourir en souffrant encore plus.