Procès en France

10 mars 2011 16:14; Act: 10.03.2011 16:21 Print

Condamnée pour avoir défenestré son bébé

Une femme de 46 ans a été condamnée mercredi à 12 ans de réclusion en France, pour avoir défenestré en mai 2008 son fils de 14 mois et tenté de tuer sa fille alors âgée de 11 ans.

Une faute?

Nathalie Saurin a expliqué lors du procès qu'elle avait voulu se suicider avec ses deux enfants, car la garde de son fils lui avait été retirée. «Je me voyais à la rue, sans travail, sans mes enfants», a-t-elle dit au tribunal. Elle encourait la réclusion criminelle à perpétuité. Mais la cour d'assises a suivi les réquisitions du parquet. La condamnation à 12 ans de réclusion est accompagnée d'un suivi socio-judiciaire de 5 ans avec injonction de soin.

L'avocat général a estimé que le discernement de l'accusée était altéré au moment du drame, retenant un «épuisement émotionnel» et un «syndrome anxio-dépressif».

Le 26 mai 2008, alors qu'elle venait de récupérer son fils chez son mari, Sessinou Agoussou, de qui elle était séparée, Nathalie Saurin, domiciliée dans un hôtel social à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), a jeté le bébé du 5e étage. Sa fille a tenté de s'interposer, mais en vain.

Elle avait auparavant donné à celle-ci un liquide à boire, contenant des anxiolytiques, et avait tenté de la faire basculer par la fenêtre. Mais face à la résistance et aux cris de sa fille, elle avait renoncé.

Dans deux lettres, elle mettait en avant la décision de justice de mars 2008 lui retirant la garde de son fils et accusait son mari.

Le couple entretenait une relation très conflictuelle. Entre mai 2007 et avril 2008, 18 mains courantes avaient été déposées. Lui avait été condamné pour des violences, et elle à une peine de prison avec sursis pour lui avoir donné un coup de couteau dans le bras, alors qu'il portait leur enfant.

Le parquet a mis en avant «le parcours de vie difficile» de Nathalie Saurin, marquée par une mère qui n'a pas su exprimer son amour, par un viol, des avortements...

«Sa relation avec M. Agossou est le creuset de ce qui s'est passé le 26 mai», a estimé l'avocat général, insistant sur «une certaine indifférence et un dénigrement». «Cette femme va essayer de se faire entendre et le moyen est dramatique car elle s'en prend à elle-même et ses enfants», a expliqué l'avocat général lors des réquisitions.

(afp)