Viol en garde à vue

19 octobre 2019 10:15; Act: 19.10.2019 10:15 Print

Des policiers new-yorkais échappent à la prison

Deux anciens policiers de New York ont été condamnés cette semaine par un tribunal pour avoir eu des relations sexuelles avec une jeune femme en garde à vue, mais n'iront pas derrière les barreaux.

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Deux anciens détectives de la NYPD (police de New York) ont ​​été condamnés à 5 ans de mise à l'épreuve par la Cour suprême de Brooklyn. Les deux agents accusés de corruption avaient plaidé coupable, raconte le New York Post. Le procureur a estimé que l'abus de pouvoir commis par les deux accusés était «épouvantable».

Les faits remontent au mois de septembre 2017. Eddie Martins et Richard Hall, qui travaillaient alors pour la brigade des stups, ont arrêté une voiture dans laquelle se trouvait une jeune femme de 18 ans qui se fait appeler Anna Chambers et deux passagers de sexe masculin. De la marijuana se trouvait dans le véhicule, mais l'ado, qui se trouvait au volant, avait aussi sur elle des comprimés de Klonopin, un médicament souvent détourné de son usage pour se droguer.

Législation modifiée

Anna Chambers a donc été arrêtée et menottée contrairement aux deux autres passagers du véhicule. Une fois emmenée dans le fourgon, la jeune femme a eu des relations sexuelles avec Eddie et Richard. À la suite de quoi, les deux agents ont libéré la jeune femme et lui ont rendu les comprimés prohibés. L'arrestation n'a jamais été signalée à leur supérieur comme la procédure le voudrait.

Après cette affaire, la législation locale a été modifiée de la sorte: avoir une relation sexuelle avec une personne en garde à vue est désormais considéré comme un viol. Plus aucun agent ne peut se cacher derrière un éventuel consentement pour expliquer avoir dérapé avec un suspect placé en détention.

«Honte pour le mouvement #MeToo»

Avant le verdict, Richard Hall a présenté ses excuses à sa propre famille pour ses agissements. Il a, en revanche, accusé la jeune fille d'être une «menteuse» et d'avoir créé ce «cirque pour poursuivre en justice» les agents et demander 50 millions de dollars de dommages et intérêts. «Seuls toi, moi et Eddie savons vraiment ce qui s'est passé cette nuit-là. Ta version des événements est un mensonge. Tu es une honte pour le mouvement #MeToo», a-t-il lancé à la jeune femme.

L'avocat de la plaignante a, lui, une version bien différente de ce verdict: «Je suis outré. C'est une véritable parodie de justice. Blâmer la victime, c'est ce qui s'est passé ici. Ces gars-là s'en sont vraiment bien sortis.»

(cga)