Brésil

08 avril 2019 17:08; Act: 09.04.2019 07:01 Print

Ils vont à une baby shower, l'armée leur tire dessus

Selon les autorités, les soldats ont confondu la voiture de la famille avec celle de voleurs à Rio. Le père de famille et conducteur a été tué.

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Le véhicule de la famille a reçu plus de 80 balles (Photo: Twitter Globo.com)

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Des militaires brésiliens ont ouvert le feu dimanche sur une famille à Rio de Janeiro, criblant leur voiture de plus de 80 balles et tuant le conducteur, ont rapporté lundi plusieurs médias brésiliens.

La fusillade, qui a eu lieu à Guadalupe, quartier pauvre du nord de Rio, a également fait deux blessés, dont un piéton. «Tout indique que les militaires ont confondu le véhicule avec celui de voleurs», a affirmé à TV Globo Leonardo Salgado, commissaire chargé de l'affaire.

«Aucune arme n'a été retrouvée à bord du véhicule. C'était une famille normale, des gens biens, qui ont été victimes des militaires», a-t-il ajouté, écartant «toute notion de légitime défense au vu du nombre de tirs»

L'armée va enquêter

Cinq personnes de la même famille, dont un enfant de sept ans, se rendaient à une «baby shower», fête d'origine américaine organisée en l'honneur d'une future maman avant la naissance de son bébé, quand elles ont été prises pour cible.

Leur voiture de couleur blanche présentait de nombreux impacts de balles. La personne tuée est un homme de 51 ans, père du petit garçon, musicien et agent de sécurité. Son beau-père a été blessé.

Le Commandement militaire de l'Est a dans un premier temps affirmé dimanche soir que les soldats avaient réagi à une «agression injuste» de «braqueurs».

Un porte-parole de l'armée n'a pas répondu lundi aux questions de l'AFP sur les détails de la tragédie, expliquant seulement que les soldats seraient interrogés, au même titre que des témoins civils.

Plus de 300 morts par des policiers à Rio

Par ailleurs, vendredi soir, des soldats ont tué un jeune de 19 ans et blessé un autre de 17 ans qui se trouvaient à moto et auraient forcé un barrage dans un quartier populaire de l'ouest de Rio.

L'an dernier, un décret de l'ex-président Michel Temer avait confié aux militaires le commandement de la sécurité de l'Etat de Rio, en proie à une escalade de la violence.

L'implication des militaires dans le maintien de l'ordre s'est achevée à la fin de l'année mais les soldats restent mobilisés en renfort de la police, notamment pour apporter leur soutien logistique lors d'opérations coup de poing contre les narcotrafiquants.

L'Etat de Rio est gouverné depuis janvier par Wilson Witzel, un ancien juge élu sur la ligne sécuritaire du nouveau président d'extrême droite Jair Bolsonaro.

En janvier et février 2019, ses deux premiers mois de mandat, 305 personnes ont été tuées par des policiers dans cet Etat, selon les chiffres officiels du gouvernement, soit une toutes les 4h30.

Il s'agit d'un record depuis la mise en place de cette statistique il y a 16 ans. Cela représente un bond de 17,6% par rapport à la même période en 2018.

(nxp/afp)