Procès en France

29 mars 2011 10:41; Act: 29.03.2011 10:50 Print

Des végétaliens jugés pour la mort de leur bébé

Un couple de végétaliens français est jugé depuis mardi, accusé d'avoir provoqué la mort de sa petite fille à cause de leur régime alimentaire.

Une faute?

Le couple, soupçonné de «privation de soins ou d'aliments suivie de mort» après le décès de leur fillette de 11 mois, s'est ouvert pour quatre jours devant la cour d'assises de la Somme à Amiens. La fillette, Louise, était décédée le 25 mars 2008 à leur domicile. Inquiets de l'affaiblissement de l'enfant, les parents avaient appelé les pompiers qui n'avaient pu que constater la mort de l'enfant.

La pâleur et la maigreur du bébé les avaient incités à alerter les secours. La petite fille ne pesait que 5,7 kilos contre une moyenne de 8 kilos à cet âge. La fillette était exclusivement allaitée par sa mère, âgée de 37 ans à l'époque.

Carence alimentaire

Une autopsie avait révélé une carence en vitamine A et B12 qui, selon les experts, accroît la sensibilité aux infections et serait «due à un déséquilibre alimentaire». «Le problème de carence en vitamine B12 pourrait être en lien avec le régime alimentaire de la mère», selon Anne-Laure Sandretto, vice-procureur de la République d'Amiens.

Les parents avaient adopté ce régime après avoir vu «une émission de télévision sur le transport du bétail aux abattoirs», explique Me Stéphane Daquo, avocat de la mère. Ces derniers ont par ailleurs une fille aujourd'hui âgée de 13 ans qui ne semblait pas souffrir des mêmes carences à l'époque des faits.

Très méfiants à l'égard de la médecine conventionnelle, ils préféraient soigner leurs enfants par leurs propres moyens, à l'aide de conseils puisés dans des livres.

Ils risquent 30 ans de prison

«Lors de la visite médicale du neuvième mois, ils n'ont pas suivi l'avis du médecin qui leur conseillait d'hospitaliser le bébé atteint d'une bronchite et qui perdait du poids», selon Me Daquo. «Ils préféraient des recettes à base de cataplasme d'argile ou de choux puisées dans leurs lectures. Ce sont des gens qui ont eu de mauvaises lectures au mauvais moment», poursuit l'avocat.

Toujours végétaliens, les parents «ont tout à fait conscience de l'erreur qu'ils ont commise», souligne Me Patrick Quenel, avocat du père. Sergine et Joël Le Moaligou comparaissent libres devant la cour d'assises dont le verdict est attendu vendredi. Ils encourent 30 ans de prison.

(afp)