France

23 juillet 2014 11:13; Act: 23.07.2014 11:18 Print

En prison pour avoir forcé leurs enfants à voler

Une quinzaine de Roms d'origine croate, qui avaient poussé leurs enfants à commettre une centaine de vols dans plusieurs pays d'Europe, ont été condamnés mardi, à des peines de 2 à 8 ans de prison.

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Les quinze personnes étaient poursuivies pour avoir forcé leurs enfants à dérober pour plusieurs millions d'euros de bijoux et d'objets dans une centaine de cambriolages. (photo: AFP)

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Les magistrats de la cour d'appel de Nancy ont globalement confirmé les condamnations prononcées en première instance par le tribunal correctionnel de Nancy. Le parquet avait pour sa part réclamé une aggravation des peines jusqu'au maximum encouru, soit 10 ans d'emprisonnement. Les quinze Roms en question, âgés de 19 à 55 ans et organisés en trois clans familiaux, étaient poursuivis pour avoir forcé leurs enfants à dérober pour plusieurs millions d'euros de bijoux et d'objets dans une centaine de cambriolages dans l'est de la France, mais aussi en Belgique ou en Allemagne. Plusieurs des prévenus étaient également poursuivis pour «traite d'êtres humains», dans le cadre d'«achats» d'épouses, parfois pour près de 180 000 euros. Mais la cour d'appel a, comme en première instance, requalifié l'infraction en «provocation de mineurs à commettre des délits».

L'enquête, basée sur des milliers d'écoutes effectuées chez 120 suspects, avait mis au jour une vaste organisation dirigée par des chefs de clans, aidés de capitaines, lieutenants et enfin de leurs enfants, âgés d'une dizaine d'années, exécutants des cambriolages. L'un d'entre eux avait notamment raconté que leur mission s'effectuait en binôme: après s'être assuré de l'absence des occupants, un enfant était chargé de fouiller les maisons et l'autre de faire le guet.

Selon les enquêteurs, leur mode opératoire les amenait toujours à chercher d'abord dans les chambres, puis la salle de bains, avec un attrait principal pour les bijoux, les montres et l'argent liquide. La tête de réseau, une femme de 68 ans qui avait fait l'objet d'une procédure distincte, avait été condamnée en première instance à six ans d'emprisonnement, le 11 juillet, par le tribunal correctionnel de Nancy.