France

21 mai 2012 09:43; Act: 21.05.2012 09:58 Print

Jugé pour avoir tué un de ses braqueurs

Un retraité est jugé à partir de lundi par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône pour avoir tué un de ses braqueurs et pour en avoir blessé un second, en 2009.

Une faute?

Le 27 mars 2009, quatre individus encagoulés et armés avaient surgi, à l'heure du repas, au domicile de Jean-Marius Paget, un retraité de 68 ans, à Pélissanne, une commune proche de Salon-de-Provence. Ils avaient séquestré les convives en les ligotant et en les bâillonnant, à la recherche de bijoux et de valeurs.

Tandis que les auteurs présumés prenaient la fuite, Jean-Marius Paget était parvenu à se défaire de ses liens, avait saisi son fusil de chasse de calibre 16 aux canons superposés, et tiré à deux reprises en direction de ses agresseurs. Il avait tué un homme de 39 ans et en avait blessé un autre, âgé de 40 ans, en les atteignant dans le dos.

A l'arrivée des gendarmes sur les lieux du crime, le tireur retraité, qui avait reçu une série de coups de pied, avait le visage tuméfié et ensanglanté. Un témoin racontera aux enquêteurs que l'un des malfaiteurs s'était écrié, au moment de leur fuite: «Putain, le vieux, il a un fusil!», suivi des deux déflagrations. Le tireur s'était alors exclamé, un rien paniqué: «J'en ai tué un!».

Les voleurs étaient repartis avec des bijoux de famille et la somme de 1950 euros.

«En danger de mort»

Interrogé, l'accusé, lui-même sorti de prison en 2007 et dont le casier judiciaire porte la trace de dix-huit condamnations entre 1969 et 2004, a estimé, pour justifier son geste, qu'il était «en danger de mort».

De son côté, la deuxième victime a invoqué un différend sur fond de dette de 20'000 euros comme mobile de l'agression de Jean-Marius Paget, ce que le tireur a contesté.

L'accusé a été placé sous contrôle judiciaire dès le 30 mars 2009. Il encourt toutefois, au titre d'«homicide volontaire» qui lui est reproché, une peine qui peut aller jusqu'à trente ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu mercredi soir.

(ap)