Tuée par des chiens en France

23 janvier 2020 21:04; Act: 23.01.2020 21:24 Print

L'étau se resserre autour de Curtis, le chien d'Elisa

Soixante-sept canidés sont suspectés d'être impliqués dans la mort d'une jeune femme, en novembre dans le nord de la France. Le comportement de l'american staff de la victime interroge.

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Retrouvée morte dans une forêt du nord de la France en novembre dernier, Elisa a succombé à des morsures de chiens, tel que l'a déjà démontré l'autopsie. Les enquêteurs sont désormais suspendus aux résultats des tests ADN pratiqués sur 67 animaux présents dans les environs au moment du drame: les 62 chiens qui participaient à une chasse à courre ce jour-là, et les 5 appartenant à Elisa et son compagnon. Ce travail de fourmi devrait permettre de déterminer quels sont le ou les chiens responsables de la mort de la jeune femme de 29 ans, qui était enceinte de six mois.

Alors que le verdict devrait tomber dans les prochaines semaines, les enquêteurs s'intéressent tout particulièrement au comportement de Curtis, l'un des chiens d'Elisa et de son conjoint Christophe. Selon «Le Parisien», deux incidents impliquant Curtis viennent éclairer l'enquête d'un jour nouveau: depuis le drame, le chien s'en est pris à deux personnes. La première morsure est survenue à la gendarmerie, le soir de la mort d'Elisa. Curtis s'est retourné contre son maître et l'a mordu à la jambe.


Placé dans une fourrière de l'Oise, l'american staff a de nouveau sévi fin novembre, cette fois contre une bénévole, qu'il a mordue au bras. «C'était extrêmement violent. Car, à aucun moment, le chien n'a montré de signes qu'il allait attaquer. Il n'a par exemple pas grogné. Il a fallu que tous ceux présents à ce moment-là fassent des pieds et des mains pour qu'il lâche prise», raconte un témoin de la scène.

Qu'à cela ne tienne, Christophe continue de défendre son chien bec et ongles. Il s'est séparé de son avocate en raison de «divergences de vues» concernant Curtis et s'est adjoint les services de deux nouveaux conseils, spécifiquement chargés du «dossier Curtis». «En l'état du dossier, rien n'indique que ce chien est responsable de la mort d'Elisa», souligne l'un d'eux, Me Eric Alligné.

Le compagnon de la victime souligne que son animal était stressé au moment de la première morsure, et que «rien n'indique» que la bénévole du refuge était «forcément apte à s'occuper d'un tel animal». Christophe estime que c'est l'ensemble des 67 chiens qui devraient être soupçonnés, et pas seulement Curtis. L'homme se bat désormais pour que l'american staff puisse être transféré vers «une structure plus adaptée». «Là, il n'a pas été sorti depuis deux mois. Il est enfermé 24 heures/24», s'insurge-t-il.


(joc)