Infanticide à Winterthour

01 février 2011 10:43; Act: 01.02.2011 12:15 Print

La commune a commis des erreurs

Alors qu'il avait déjà tué un de ses enfants dans les années 1990, les autorités de Bonstetten (ZH) ont confié la garde d'un garçon à un père qui l'a tué en 2010.

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Les autorités de Bonstetten (ZH) ont commis des erreurs en traitant le cas du père qui a tué son fils de quatre ans en février 2010 à Winterthour. Elles lui avaient confié la garde du garçon alors qu'il avait déjà tenté de tuer un de ses enfants dans les années 90.

Le service des tutelles de la commune située à l'ouest de Zurich, a dès le début pris le parti du père, conclut une expertise externe commandée par la direction de la justice zurichoise et présentée mardi. L'homme, âgé aujourd'hui de 61 ans, avait un casier judiciaire.

La mère, une Brésilienne de 36 ans, a quant à elle toujours été laissée en arrière-plan, notamment à cause de son activité de prostituée.

Pas d'expertise de risque

Le rapport reproche également aux autorités de ne pas avoir ordonné d'expertise de risque pour le père. Le service des tutelles était pourtant au courant qu'il avait tenté de tuer son fils d'un premier mariage, maintenant adulte et handicapé.

Selon le rapport, le service des tutelles, composé de non- professionnels, a été dépassé par le cas. Il n'a pas été capable de reconnaître les dangers.

Pour la direction cantonal de la justice, on ne peut pas reprocher une inaction aux autorités en cause. Au contraire, celles- ci ont toujours agi «sans délai», souligne-t-elle dans un communiqué. Elle reconnaît par contre que des autorités non- professionnalisées ne sont pas en mesure de détecter certains risques.

En conséquence, le canton veut remanier les services des tutelles. Seules des personnes au bénéfice d'un diplôme universitaire en droit, travail social, psychologie ou pédagogique doivent pouvoir y siéger. Le nouveau droit de la protection de l'enfant et de l'adulte, qui entre en vigueur en 2013, prévoit une professionnalisation et une collaboration interdisciplinaire.

Rapport «inacceptable»

La municipalité de Bonstetten juge le rapport de l'expert indépendant «inacceptable», a-t-elle réagi mardi. Il ne se base pas sur toutes les données et certaines circonstances n'y sont pas prises en compte.

Bonstetten approuve par contre les conclusions de la direction de la justice qui reconnaît les difficultés pratiques rencontrées par les autorités de tutelle.

Discussions en cours

La mère de la victime voit quant à elle dans le rapport la confirmation de ses accusations envers la commune de Bonstetten. La femme la juge co-responsable de la mort de son enfant.

La Brésilienne réfute par ailleurs le fait que les autorités auraient toujours agi sans délai. Cela n'a été le cas que pour les demandes du père du garçon tué, souligne-t-elle par voix de son avocat.

La femme a déposé plainte contre la commune en avril. Bonstetten a refusé de lui verser des dommages et intérêts. Les deux parties mènent actuellement des discussions «afin de trouver une solution acceptable pour toutes les personnes concernées», indique la commune.

(ats)