Affaire Grégory

16 janvier 2020 10:09; Act: 16.01.2020 11:07 Print

La garde à vue de Murielle Bolle annulée

La Cour d'appel de Paris a annulé jeudi la garde à vue de Murielle Bolle en 1984 dans l'enquête sur la mort du petit Grégory Villemin dans les Vosges.

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La cour d'appel de Paris a annulé jeudi la garde à vue de Murielle Bolle en 1984 dans l'enquête sur la mort du petit Grégory. (16 janvier 2020) La Cour de cassation a reconnu mardi que la garde à vue de Murielle Bolle en 1984 dans le cadre de l'affaire Grégory a été effectuée en application de dispositions «inconstitutionnelles». La cour d'appel de Paris de réexaminer la question de son annulation. Ici sur la photo, Murielle Bolle arrive au au palais de Justice de Dijon en 1996. Le procureur général de Dijon, Jean-Jacques Bosc, a demandé l'ouverture d'une enquête préliminaire après reçu une lettre anonyme. (Lundi 26 février 2018) Murielle Bolle, témoin clé, a été inculpée jeudi pour «enlèvement», a annoncé son avocat Jean-Paul Teissonnière (ici à l'image). (Jeudi 29 juin 2017) Nouveau rebondissement dans l'affaire Gregory. Les enquêteurs français ont interpellé mercredi Murielle Bolle, témoin-clé qui avait déclaré en 1984 avoir assisté à l'enlèvement de l'enfant. Celle-ci s'était rétractée par la suite. (28 juin 2017) Jean-Marie Villemin, son épouse Christine et un portrait de leur fils, en novembre 1984. Il a été reçu à Dijon par le magistrat chargé de l'enquête «pour aborder avec lui le dossier». (Jeudi 15 juin 2017) Rebondissement dans l'Affaire Grégory. Selon plusieurs médias, trois personnes ont été placées en garde à vue. Et cela plus de 32 ans après l'assassinat de Grégory Villemin, alors âgé de 4 ans. (Mercredi 14 juin 2017) Grégory Villemin a été retrouvé pieds et poings liés dans les eaux froides de la rivière la Vologne le 16 octobre 1984. (photo non datée) L'affaire avait été relancée en 1999, puis en 2008, pour tenter de confondre d'hypothétiques traces d'ADN sur les scellés. Certains mélanges génétiques ont pu être isolés (Ici, les avocats des parents de Grégory, en octobre 2009). Les analyses n'ont rien donné. Christine et Jean-Marie Villemin, les parents du petit garçon, suivent son cercueil lors de ses obsèques le 20 octobre 1984 à Lépanges-sur-Vologne. (20 octobre 1984) Christine Villemin, la mère du petit Grégory est inculpée d'assassinat sur son propre fils. Elle est entendue au tribunal d'Epinal. (12 juillet 1985). Elle sera totalement innocentée en 1993 au terme d'un non-lieu retentissant pour 'absence totale de charges', formule inédite aux accents d'excuse et d'aveu d'erreur judiciaire. Des journalistes sont présents lors de la reconstitution de l'assassinat de Bernard Laroche par Jean-Marie Villemin, père de Grégory. (20 juin 1985) Jean-Marie Villemin est arrêté pour le meurtre de son cousin Bernard Laroche, le 29 mars 1985. Mais en juillet 1985, le juge opère un spectaculaire revirement: il porte ses soupçons vers Christine Villemin, la propre mère de l'enfant, aussitôt décrite dans certains médias comme une 'ogresse perverse' ou une 'sorcière démoniaque'. Bernard Laroche, un cousin du père de Grégory, dont il jalouse la réussite, est d'abord soupçonné: inculpé d'assassinat, un temps incarcéré, il est cependant remis en liberté le 4 février 1985 (ici le jour de sa libération). Convaincu de sa culpabilité, Jean-Marie Villemin l'abat d'un coup de fusil de chasse. Il sera condamné pour ce meurtre à 4 ans de prison en 1993. La lettre d'un 'corbeau' anonyme revendiquant le meurtre en invoquant une 'vengeance', apparemment postée à l'heure où le corps n'avait pas encore été retrouvé, donne d'emblée à cet horrible fait-divers une dimension mystérieuse. Ici, les parents de Grégory vont reconnaitre le corps de leur fils. (18 octobre 1984) Les investigations des gendarmes sont suivies pas à pas, certains journalistes n'hésitant pas à se faire passer pour eux auprès des proches de la famille ou à payer des témoins, des photographes se livrant à des mises en scène morbides sur la tombe de l'enfant. Ici, les parents de Grégory quittent le Palais de Justice d'Epinal. (27 octobre 1984) De nombreux journalistes assistent à la reconstitution de l'assassinat de Grégory. (30 octobre 1984)

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Nouveau rebondissement dans l'affaire Grégory où la garde à vue de Murielle Bolle, alors âgée de 15 ans à l'époque des faits, est annulée.

La chambre de l'instruction de la Cour d'appel n'a en revanche pas annulé les déclarations que l'adolescente, alors âgée de 15 ans, avait faites aux gendarmes avant le début officiel de cette garde à vue, ni son interrogatoire devant le juge Jean-Michel Lambert quelques jours plus tard.

Placée en garde à vue quelques jours après la mort de Grégory Villemin, retrouvé mort dans la Vologne le 16 octobre 1984 à l'âge de 4 ans, Murielle Bolle avait accusé son beau-frère, Bernard Laroche, d'avoir kidnappé le garçonnet en sa présence.

L'adolescente avait ensuite répété ses propos devant le juge d'instruction, avant de se rétracter en dénonçant la pression des gendarmes. Elle n'a cessé depuis de clamer l'innocence de Bernard Laroche, abattu par le père du «petit Grégory», Jean-Marie Villemin, en 1985.

Avocat satisfait

En février, la Cour de cassation avait ouvert la voie à cette annulation, estimant que la garde à vue de l'adolescente avait été effectuée en application de dispositions «inconstitutionnelles» de l'ordonnance de 1945 sur «l'enfance délinquante», et avait renvoyé cette partie du dossier devant la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris.

«Globalement, nous sommes satisfaits de la décision qui a été rendue», a déclaré à des journalistes Me Jean-Paul Teissonnière, avocat de Mme Bolle.

«L'important pour Jean-Marie et Christine Villemin, c'est que l'enquête puisse se poursuivre», a réagi de son côté auprès de l'AFP l'avocat des parents de Grégory Villemin, Me François Saint-Pierre.

«La Cour d'appel n'a annulé que les déclarations de Murielle Bolle tenues en garde à vue et maintenu au dossier celles qu'elle avait tenus avant cette garde à vue», a-t-il poursuivi. «Or, dans cette audition de témoin assisté, Murielle Bolle a livré aux gendarmes l'intégralité du récit de l'enlèvement de Grégory par Bernard Laroche, c'est l'essentiel.»

(nxp/ats)