Cargo échoué à Bonifacio

14 octobre 2019 14:07; Act: 14.10.2019 20:28 Print

38 tonnes de carburant doivent être pompés

Un cargo s'est échoué dans la nuit de samedi à dimanche en plein coeur de la célèbre réserve naturelle de Bonifacio.

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Presque 48 heures après l'échouage dans la réserve naturelle de Bonifacio d'un cargo, la priorité était de pomper les 38 tonnes de carburant à bord, ont annoncé lundi soir les autorités, qui veulent aussi «sécuriser» le navire face aux mauvaises conditions météorologiques attendues mardi.

«Il y a 38 tonnes de carburant et c'est notre priorité», a indiqué sur place lundi le préfet maritime de la Méditerranée Laurent Isnard, ajoutant que les secours travaillaient aussi à immobiliser le bateau pour qu'il résiste aux fortes pluies et au vent prévus mardi sur le site.

L'évacuation totale du bateau pourrait quant à elle prendre «quelques jours comme (...) quelques mois», a poursuivi le préfet: «des experts d'architecture navale» étudient l'état du cargo de 4.000 tonnes qui transportait 2.650 tonnes de bobines d'acier, pour voir «les efforts qu'il peut supporter», en particulier en cas de remorquage.

Lundi matin, la préfecture maritime avait indiqué devoir «alléger» le cargo avant de pouvoir le remorquer, ajoutant que l'armateur et ses assureurs travaillaient «sur des solutions».

«Une à deux brèches sur le pic avant» du navire ont été détectées, dont une a «été obturée», a aussi précisé M. Isnard, assurant que les équipes sur place étaient «en mesure d'évacuer l'eau qu'il y a à l'intérieur».

«Pas acceptable»

Soulagée qu'«aucune pollution n'ait été constatée», la ministre de la Transition écologique et solidaire, chargée des Transports, Élisabeth Borne a quant à elle fustigé un accident qui n'est «pas acceptable», et déploré un probable «défaut de vigilance de la part de l'équipage».

Elle compte «remonter à la charge» auprès de l'Organisation maritime internationale (OMI) «pour obtenir des règles plus strictes sur la navigation dans ces Bouches de Bonifacio» avec notamment «des dispositifs de séparation de trafic pour bien gérer le trafic, des obligations notamment de pilotage et puis des interdictions de matières dangereuses».

Construit en 1998, le Rhodanus, propriété de l'armateur allemand West-Trade Logistic GmbH et disposant d'assurances allemandes et anglaises, selon le préfet maritime, est parti du port italien de Tarente et devait rejoindre lundi Port-Saint-Louis-du-Rhône (Bouches-du-Rhône).

Dimanche vers 03H00, le bateau battant pavillon d'Antigua-et-Barbuda (Antilles), avec à son bord sept membres d'équipage, devait pénétrer dans les Bouches de Bonifacio.

«Mais il n'a pas viré à temps et a poursuivi sa route vers la côte, en dépit des appels répétés du Centre opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) en Corse, du sémaphore de Pertusato et de la station italienne Maddalena pendant près de 50 minutes», avait indiqué dimanche matin la préfecture maritime.

«Récidive»

Situées entre la Corse et la Sardaigne, les Bouches de Bonifacio s'étendent sur 80.000 hectares. En 2011, le détroit a été reconnu par l'Organisation maritime internationale comme Zone maritime particulièrement vulnérable (ZMPV).

Le bâtiment de soutien, d'assistance et de dépollution Jason, avec à son bord un barrage anti-pollution, est notamment arrivé sur zone dimanche soir et un arrêté a été pris pour interdire la navigation et les activités nautiques dans un rayon de 1.000 mètres autour du navire.

Selon l'association écologiste Robin des Bois, le navire a notamment fait l'objet de plusieurs «déficiences relevées par les inspecteurs de sécurité maritime à Séville en janvier 2018 (fatigue de l'équipage) et à Bizerte en mars 2017 (conditions de travail)». Il a également été «détenu en 2010 à Naples (Italie) pour une déficience opérationnelle relative à la surveillance du voyage».

«Ce bateau s'est déjà échoué de l'autre côté en 2010 et c'était le même armateur et le même bateau», a également affirmé le président indépendantiste de l'Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni, également présent sur les lieux lundi. Déplorant cette «récidive», il a appelé à «réfléchir aux moyens de contraindre les armateurs à avoir des conditions beaucoup plus strictes s'agissant notamment de l'équipage et de la façon de travailler».

Il y a tout juste un an, la collision de deux navires, un tunisien, et un chypriote, au large du Cap Corse, avait entraîné la formation d'une nappe d'hydrocarbures, dont des résidus avaient souillé des dizaines de plages du littoral sud-est de la France.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • enlil barrow le 14.10.2019 15:06 Report dénoncer ce commentaire

    ????

    pourquoi les commentaire sont ouvert sur certain sujets et d'autre pas ? ...

  • Toto Utugno le 14.10.2019 14:45 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Exploitation du personnel

    Probablement que tout le monde dormait à bord....

  • Gigi le 14.10.2019 21:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pas logique

    Une grande question que je me pose. Un navire qui fait Taranto-Les bouches du Rhône, pourquoi doit il passer entre la Corse et la Sardaigne (lieu vulnérable et magnifique)? C'est pour gagner qq heure de trajet ? Ridicule selon moi

Les derniers commentaires

  • AuClanDestin le 19.10.2019 03:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    no sens

    Pourquoi ce cargo, ainsi que les autres ont toujours fait ce trajet maritime sans problème, en évitant de passer par ce parc protégé, vient à dévier brusquement malgré des appels no stop ? Et retirer 28 tonnes de mazout, ça laisse des dégâts. J'espère que la société maritime de ce pavillon va payer les procédures ainsi qu'une lourde amende !

  • Gigi le 14.10.2019 21:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pas logique

    Une grande question que je me pose. Un navire qui fait Taranto-Les bouches du Rhône, pourquoi doit il passer entre la Corse et la Sardaigne (lieu vulnérable et magnifique)? C'est pour gagner qq heure de trajet ? Ridicule selon moi

  • Timonier le 14.10.2019 21:35 Report dénoncer ce commentaire

    Aaaah la bonne sieste

    C'est bien connu, le mouvement de l'eau vous berce gentiment et le sommeil survient très vite....

  • PhilCambo le 14.10.2019 17:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    problème insurmontable ?

    Je pige pas où est le problème... Un radeau - grue, deux trois chalands qui font des aller et retour et ils vident bobine après bobine... Ou est le soucis ? Pas compris...

    • Un Corse le 14.10.2019 21:39 Report dénoncer ce commentaire

      @Philcambo

      Le problème principal, c'est qu'on est en Corse! Quand avez-vous un corse travailler? Si vous en avez vu un bosser, c'était soit un immigré, soit un travailleur venu du continent! Le vrai corse, lui, fait la sieste, puis va boire l'apéro, mange, refait la sieste et rebelote!!! Voilà, maintenant que je vous ai parlé de moi, je suis très fatigué et.... vite une sieste

  • Gregg le 14.10.2019 15:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Probablement un bateau

    piloté par un marin Suisse.