Affaire Grégory

27 novembre 2019 20:49; Act: 27.11.2019 22:54 Print

Les Villemin écoeurés par les propos d'un ex-policier

Dans un documentaire diffusé sur Netflix, un ancien commissaire qui continue de soupçonner la mère du petit Grégory insiste lourdement sur son physique avantageux.

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Trente-cinq ans après la mort du petit Grégory, les auteurs de ce crime abominable n'ont toujours pas été identifiés et l'affaire continue de fasciner loin à la ronde. Une série documentaire diffusée sur Netflix revient en détail sur ce fait divers hors normes, s'appuyant sur des images d'archives et de nombreux témoignages. L'un d'entre eux a consterné de nombreux internautes et choqué Christine et Jean-Marie Villemin, les parents de Grégory, écrit «Le Parisien».

En charge de l'affaire à partir de février 1985, l'ancien commissaire Jacques Corazzi continue de soupçonner la mère de l'enfant. Dans le troisième épisode de la série, l'ex-policier met en avant le physique et la tenue vestimentaire de Christine Villemin lors d'une audition: «Elle a une tenue, bon. Elle est en noir, d'accord. Mais elle a une tenue plaisante, disons. Elle a un pull extrêmement collant. Dans d'autres circonstances, on est presque là à lui faire la cour. Je me dis tiens, elle est presque agréable à regarder. Pour un homme, elle est pas mal, quoi.»

Des propos «honteux et indignes»

Ensuite, Jacques Corazzi explique que selon lui, l'attitude de la jeune femme ne correspondait en rien à celle d'une maman en deuil: «Moi, j'aurais vu quelqu'un d'éploré, pas coiffé, habillé de manière négligée, et c'est pas le cas», explique-t-il, ajoutant même qu'il trouvait Christine Villemin «excitante». Les propos de l'ex-commissaire ont ulcéré de très nombreux internautes.





Les parents de Grégory, écoeurés, ont réagi par le biais de leur avocate. «Ils ont été choqués de ces propos tenus tant d'années plus tard. Comme si la justice dépendait d'une façon de s'habiller», confirme Me Marie-Christine Chastant-Morand, qui souligne par ailleurs que le documentaire «colle à la réalité». Selon Thierry Moser, également conseil des Villemin, ceux-ci ont trouvé les propos de l'ancien policier «honteux et indignes». L'homme de loi souligne toutefois que les parents ont été soulagés par la pluie de réactions outrées et de témoignages de soutien qui leur ont été adressés.

Soupçonnée à partir de 1985 d'avoir tué son fils, Christine Villemin a été blanchie par la justice en 1993. L'affaire a été émaillée de plusieurs rebondissements. Le 18 décembre prochain, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris doit décider si les déclarations faites par Murielle Bolle lors de sa garde à vue en 1984 seront maintenues au dossier. Adolescente au moment des faits, la quadragénaire est soupçonnée d'être impliquée dans l'enlèvement de l'enfant.

(joc)