Mexique

17 juillet 2014 10:12; Act: 17.07.2014 11:48 Print

Les enfants décrivent le foyer de l'horreur

Des centaines d'enfants contraints de mendier ou victimes d'abus sexuels ont été libérés par la police. Les premiers témoignages font froid dans le dos.

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Les premiers témoignages de jeunes parmi les 600 internes d'un foyer d'accueil de l'ouest du Mexique confirment les dénonciations de violences sexuelles et de séjour forcé dans cet établissement, ont indiqué mercredi les autorités judiciaires fédérales. Au lendemain de l'opération policière lancée dans le foyer La Grande Famille, à Zamora, dans l'Etat mexicain du Michocan, et ayant abouti à l'arrestation de la directrice et de huit de ses collaborateurs, ces autorités ont détaillé des accusations de mauvais traitements faites par douze internes.

Ces témoignages font état d'agressions physiques, de punitions prolongées dans une minuscule espace sans nourriture ni boisson, de nourriture avariée, a indiqué Tomas Zeron, directeur de l'agence d'enquête criminelle du Ministère de la justice, lors d'une conférence de presse. Toutefois, dans ces mauvais traitements, la responsabilité de la directrice de l'établissement, Rosa del Carmen Verduzco, surnommée «Mama Rosa», n'a pour l'instant pas été formellement établie.

Certains jeunes ont déclaré avoir été contraints à pratiquer du sexe oral de la part de majeurs non identifiés. Un d'eux a indiqué qu'un employé du foyer les obligeait à «des actes sexuels en échange d'argent», a dit Zeron. Une jeune femme majeure a dit qu'elle était retenue dans le foyer contre sa volonté et qu'elle avait été victime d'abus sexuels de la part de l'un des administrateurs, qui, apprenant qu'elle était enceinte, l'avait frappée «pour provoquer un avortement».

Les employés du nettoyage qui sont entrés mardi dans le foyer en ont déjà retiré quelque 20 tonnes d'ordures réparties dans les zones communes, a indiqué M. Zeron. Le ministre de la Justice, Jesus Murillo Karam, a assuré que les autorités avaient été «surprises» par la situation trouvée dans ce foyer qui «avait du prestige» au sein du gouvernement fédéral et des autorités locales.

Interrogé sur la responsabilité des autorités mexicaines dans les failles du contrôle de l'établissement, Murillo Karam a admis que «le prestige dont bénéficiait l'institution faisait que les inspections étaient moins intenses».

Les autorités ont également rectifié le nombre d'enfants et de jeunes trouvés mardi dans le foyer. Au total, on a trouvé 607 internes, dont 438 mineurs et 159 majeurs, ainsi que 10 personnes dont l'âge n'a pas pu être déterminé en raison de leur «degré élevé de dénutrition», a indiqué Rodrigo Archundia, responsable du service spécialisé d'enquête sur le crime organisé (Seido).

(afp)