Mort d'Elisa

03 décembre 2019 15:02; Act: 03.12.2019 15:02 Print

Malaise autour d'un gendarme vu sur les lieux

Le compagnon de la femme retrouvée morte en forêt le 16 novembre dit avoir croisé un militaire près du lieu du drame. Celui-ci dément, mais la gendarmerie a été dessaisie de l'enquête.

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Plus de deux semaines après le décès effroyable d'une jeune femme dans une forêt du nord de la France, les circonstances du drame restent floues. Les résultats des analyses ADN de Curtis, l'american staff de la victime, et des 62 chiens ayant participé à la chasse à courre ce jour-là n'ont pas encore été communiqués. Quant à Curtis, il fait toujours l'objet d'un examen comportemental. En attendant ces résultats potentiellement cruciaux, le malaise s'installe dans les rangs de la gendarmerie de l'Aisne.

Dans un témoignage accordé au «Parisien», Christophe, le compagnon d'Elisa Pilarski, a raconté que la première personne qu'il avait croisée en volant au secours de sa compagne était un «cavalier». Selon lui, il s'agissait d'un certain Jean-Charles Metras, qui n'est autre que le commandant du Groupement de Gendarmerie de l'Aisne, qui participait à la chasse à courre au sein du Rallye de la passion. Ces allégations ont poussé le procureur en charge du dossier à dessaisir la gendarmerie de l'enquête.

Il dément avoir croisé le compagnon d'Elisa

Interrogé par le journal «L'Essor», le principal intéressé explique qu'il comprend cette décision. Mais il assure que le compagnon d'Elisa se trompe: il n'était pas à cheval ce jour-là dans la forêt. Le commandant assure en effet qu'il ne faisait «pas partie de l'équipage du rallye de la passion». Invité «à titre personnel», il affirme qu'il suivait la chasse à courre à pied et en voiture avec sa femme et ses enfants. Il assure par ailleurs n'avoir eu connaissance du drame qu'à la fin de journée, au moment de quitter les lieux, et n'avoir pas croisé le compagnon de la victime.


Jean-Charles Metras ajoute que c'est son adjoint qui a géré le dispositif des premières constatations après la découverte du corps d'Elisa. Le militaire a par la suite été entendu comme témoin. Il refuse de dire si les chiens des chasseurs ont attaqué la jeune femme de 29 ans et se borne à indiquer qu'il préfère attendre les «communications officielles». La société de Vénerie – qui regroupe les associations de chasse à courre françaises – continue de démentir fermement toute implication des chiens de chasse, soulignant qu'aucun n'a été mordu.

Le compagnon d'Elisa, lui, montre du doigt les chasseurs: «Pour moi c'est la chasse à courre, les chiens sortaient de ce précipice, Curtis a reçu beaucoup de morsures à la tête», avait-il témoigné quelques jours après le drame. La jeune femme de 29 ans et son bébé à naître ont été enterrés samedi à Rébenacq, dans les Pyrénées-Atlantiques.


(joc)