Italie

04 octobre 2010 19:54; Act: 04.10.2010 20:03 Print

Pakistanaise tuée pour avoir protégé sa fille

Une Pakistanaise a été tuée à coups de pierres et bâtons par son mari en Italie parce qu'elle s'opposait à un mariage arrangé pour leur fille.

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Le père a tué sa femme pendant que son fils frappait sa soeur. (dr)

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Selon les premiers éléments recueillis par le parquet de Modène, dans un contexte de relations déjà tendues, le père Ahmad Khan Butt, un ouvrier du bâtiment de 53 ans, a jeté sa femme au sol puis l'a frappée à coups de brique pendant que le fils Umair agressait sa soeur.

La jeune femme, Nosheen Butt, 20 ans, est hospitalisée avec un traumatisme crânien et une fracture au bras gauche après avoir été frappée elle aussi à coups de bâtons dimanche après-midi par son frère de 19 ans, dans la cour de leur habitation à Novi, près de Modène (nord-est).

«La mère et la fille étaient alliées et l'on peut parler d'homicide 'culturel' parce qu'à cette violence interne à la famille s'est ajoutée la question des traditions qui peut avoir motivé le délit», a estimé Lucia Musti, procureur adjoint de Modène, en charge de l'enquête.

Indignation

Il semble que «la victime ne voulait pas que sa fille ait une relation malheureuse comme celle qu'elle a été contrainte de vivre», a indiqué la juge. Les deux hommes considérés comme ayant agi «de concert» ont été arrêtés pour homicide et tentative d'homicide. Les trois autres enfants, âgés de 14 à 17 ans, ont été confiés aux services sociaux.

La classe politique italienne a réagi avec indignation à ce fait divers, très similaire aux cas de Hina une jeune d'origine pakistanaise et Sanaa d'origine marocaine tuées par leurs pères en 2006 et 2009 parce qu'elles voulaient vivre «à l'occidentale» avec leurs fiancés italiens.

Livia Turco du Parti démocrate, première force de gauche, a condamné «les mariages arrangés et la violence contre les femmes» prenant prétexte «de traditions ethniques» et les a dénoncées comme «des pratiques médiévales».

A droite, la députée berlusconienne Isabella Bertolini a qualifié Beghm Shnez de «martyre de la liberté, victime de l'obscurantisme et de l'intégrisme islamique», en soulignant que le père était en Italie «depuis moins de 10 ans et propriétaire de la mosquée locale».

(ats)