07 février 2011 22:37; Act: 08.02.2011 00:06 Print

Première naissance d'un bébé-médicament

Un premier «bébé-médicament», qui permettra de soigner l'un de ses aînés pour lequel il est un donneur compatible, a vu le jour en France dans un hôpital de la région parisienne.

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Indemne de la grave maladie dont souffrent ses aînés, le petit garçon, né le 26 janvier, permettra de soigner l'un d'eux pour lequel il est un donneur compatible.

Le petit Umut («espoir» en turc) Talha, qui pesait 3,650 kg à sa naissance est «en très bonne santé», a indiqué à l'AFP le Pr René Frydman.

Les parents, d'origine turque âgés d'une trentaine d'années, et leur garçon sont rentrés chez eux dans le sud de la France.

Ce «bébé-médicament», que les spécialistes appellent «bébé du double espoir», est né par fécondation in vitro après un double diagnostic génétique pré-implantatoire (DPI) permettant le choix des embryons. L'un des deux embryons transférés, exempt de la maladie et d'un groupe compatible avec un des aînés, s'est développé jusqu'à terme.

La procédure de double diagnostic a permis de s'assurer d'une part que l'enfant était indemne de la grave maladie génétique (bêta-thalassémie) dont souffrent les premiers enfants de la famille, mais aussi qu'il pouvait être donneur compatible avec l'un de ses aînés malades.

Cette compatibilité des tissus (HLA) permet d'envisager ultérieurement, une greffe de sang du cordon ombilical qui a été prélevé après sa naissance, afin de soigner un de ses aînés.

La bêta-thalassémie est une maladie génétique grave et invalidante. Cause d'anémie, elle nécessite des transfusions sanguines répétées pour maintenir le malade en vie.

Il y a déjà eu des naissances de «bébé-docteurs» dans le monde, mais c'est la première en France.

Les Etats-Unis ont commencé il y a une dizaine d'années, et quelques naissances ont été signalées plus récemment en Europe, en Belgique (les deux premiers annoncés par l'hôpital universitaire de l'AZ-VUB, près de Bruxelles en 2005) et en Espagne (une naissance en 2008).

Aux Etats-Unis, il y a plus de dix ans Molly Nash, fillette de six ans, qui souffrait d'une maladie génétique, l'anémie de Fanconi affectant le système immunitaire, avait été sauvée grâce aux cellules extraites du cordon ombilical de son frère, Adam, dont l'embryon avait été sélectionné dans le but de réaliser cette greffe.

En Espagne, le premier bébé-médicament, Javier, né en octobre 2008, a permis grâce à son sang de cordon ombilical de guérir son aîné Andrés, souffrant également d'une bêta-thalassémie majeure. Andrés n'a plus besoin des transfusions sanguines.

La maladie est due à un gène commandant la production d'un composant essentiel de l'hémoglobine qui transporte l'oxygène dans les globules rouges.

La bêta-thalassémie, dont il existe des variantes plus ou moins sévères, est une maladie répandue dans les populations du bassin méditerranéen, l'ensemble du Moyen-Orient, le sud et l'est de l'Asie, l'Afrique et les Antilles.

(afp)