France

22 juillet 2014 10:08; Act: 22.07.2014 10:14 Print

Suspecté d'avoir égorgé sa famille, il se rend

Un homme est soupçonné d'avoir tué, vendredi soir, sa femme enceinte avec ses deux enfants près de Paris. Il s'est constitué prisonnier, lundi soir, au commissariat de Forbach, en Moselle.

Une faute?

Une femme enceinte et ses deux petits garçons, âgés de 18 mois et 5 ans, sont morts poignardés, vendredi soir, à leur domicile en région parisienne. Les enquêteurs recherchaient depuis activement son mari, un Moldave de 37 ans, suspectant un drame familial. C'est lundi soir que le principal suspect dans cette affaire s'est rendu au commissariat de Forbach en Moselle, a-t-on appris mardi de source proche de l'enquête.

L'autopsie des corps, pratiquée samedi à l'institut médicolégal de Paris, a permis de déterminer que «la mort des trois victimes est due à des plaies par arme blanche», a indiqué dans la soirée le parquet de Créteil. Selon des sources policières, les enfants et leur mère, qui gisaient dans une mare de sang, portaient des traces de coups de couteau à la gorge. La carotide des enfants a été tranchée et la mère portait également deux coups à la poitrine. «Un couteau a été mis sous scellés, qui pourrait être l'arme du crime», a indiqué à l'AFP l'une de ces sources.

«Beaucoup de sang tout autour»

La victime, une femme de 36 ans enceinte de sept mois, est née en Roumanie, a précisé le parquet. Son beau-frère et une voisine la présentent comme une Hongroise prénommée Tina. Elle partageait dans ce quartier résidentiel du Perreux-sur-Marne, dans le Val-de-Marne, un deux pièces avec ses enfants et son mari, mais aussi sa sœur et le compagnon de celle-ci. «Beaucoup de sang tout autour. Les deux petits enfants sur le lit et la femme par terre», précisait samedi matin, sur place, le beau-frère de la victime, prénommé Laszlo, qui a découvert les corps.

L'air épuisé, ce Hongrois de 40 ans, petit bouc et boucle d'oreille, raconte avec l'aide d'une voisine, qui traduit ses propos, être rentré du travail vendredi vers 18h et avoir trouvé porte close. Après avoir attendu, puis dîné chez des voisins, il décide vers 23h30, la porte de la maisonnette de plain-pied étant toujours fermée à clé, de passer par le toit en s'aidant d'un escabeau, force le velux, et trouve les trois cadavres. «Il est ressorti quelques minutes après et nous avons demandé à un voisin qui parlait mieux français d'appeler la police», explique la voisine, une Roumaine qui souhaite rester anonyme.

L'impression d'une famille unie

Le mari de la victime, âgé de 37 ans était ainsi activement recherché samedi soir par les enquêteurs de la brigade criminelle de la police judiciaire parisienne, qui privilégient la thèse du drame familial. Les services judiciaires n'ont «a priori pas d'antécédent le concernant», a précisé le parquet. Selon une source policière, l'homme semblait travailler comme son beau-frère sur des chantiers, mais ne s'y serait pas rendu vendredi.

«Mon beau-frère, tout le monde le cherche», lâche Laszlo, qui raconte avoir passé une partie de la nuit dans les locaux de la police. «Le père, il aimait beaucoup les enfants. Il les sortait souvent au parc, il y avait une montagne de jouets dans la cave», renchérit sa voisine. La victime et son mari vivaient ici depuis deux ans et demi, selon des voisins, avec Antoine, cinq ans, puis Raphaël, 18 mois. «Il ne semble pas que ce soit un couple qui avait des problèmes», a commenté sur place Luc Poignant, du syndicat Unité-SGP Police.

Il y a quelques semaines, Sophie, voisine du dessus arrivée en mars, a été invitée au goûter d'anniversaire, dans la cour, du petit Antoine qui fêtait ses cinq ans. Le drame «ne correspond pas du tout à l'image que j'ai eue, on avait plutôt l'impression d'une famille unie», commente-t-elle, visiblement choquée. Elle désigne des fanions défraîchis sur la façade: «Vous voyez? la banderole d'anniversaire est encore accrochée».

(afp)