Espagne

28 juillet 2017 08:34; Act: 28.07.2017 15:45 Print

Un accident de train blesse 56 passagers à Barcelone

Cinquante-six blessés dans un accident de train dans la gare «França» («France») de Barcelone, la 2e gare de la ville. Une personne dans un état grave.

Une faute?

C'est en entrant en gare à 7h15 ce matin, lors de la manoeuvre pour parquer, que le train régional en provenance de Sant Vicenç de Calders (Tarragone) a violemment heurté la butée finale en gare de «França», la gare secondaire de Barcelone, explique le quotidien national «El País».

Au total, précisent les services d'urgence de la région de Catalogne sur Twitter, le bilan définitif est de «56 blessés: un grave, 19 moins graves (dont le conducteur) et 36 légers». Le blessé grave souffre d'une contusion au thorax, a indiqué le ministre des Transports Iñigo de la Serna, qui s'est rendu sur place dans la matinée.

Parmi les blessés, figurent un Français et un Roumain, tous les autres étant espagnols, a déclaré un porte-parole de la protection civile. Aucun mort n'est ainsi à déplorer, comme l'a affirmé immédiatement le gouvernement catalan, qui s'est exprimé dans un communiqué dès 8h28. Le quotidien «La Vanguardia» précisait, lui, vers 12h15, que ce n'étaient pas 54 blessés mais 56 blessés qui avaient été pris en charge, se fiant aux chiffres donnés par le ministre des Transports Íñigo de la Serna, arrivé sur place en fin de matinée.

Choc violent

Il «allait à une vitesse normale, n'a pas freiné et a heurté le pilier en fer» au bout de la voie, a affirmé à l'AFPTV un agent de sécurité de la gare ayant souhaité conserver l'anonymat.

Selon les premières informations du gestionnaire du réseau, les balises relevant la vitesse des trains n'ont rien relevé d'anormal à l'approche de la gare, a déclaré le ministre. Iñigo de la Serna a déclaré à des journalistes que le train, conduit par un cheminot avec sept ans d'expérience, âgé de 31 ans, avait subi toutes les révisions obligatoires, la dernière en date quelques jours avant l'accident.

Des images vidéo diffusées par des amateurs montraient l'avant du train complètement enfoncé sur près de deux mètres. «Au moment du choc, on a eu la sensation de vivre un tremblement de terre. Les gens tanguaient et se cognaient les uns contre les autres. Beaucoup étaient debout et sont tombés par terre, et j'ai vu plusieurs personnes avec des coupures à la tête et sur le visage provoquées par la chute», à déclaré au quotidien catalan «La Vanguardia» une voyageuse, Lidia, qui se trouvait dans le premier wagon.

Selon la radio «Cadena Ser», l'ensemble des rues autour de la station ont été coupées à la circulation pour permettre aux services de secours d'accéder à la station, destination finale du train, autour de laquelle on pouvait observer un ballet d'ambulances. De nombreux passagers étaient debout dans le train bondé au petit matin, ce qui aurait aggravé le bilan des blessés et «l'effet accordéon», selon les termes du ministre des Transports Íñigo de la Serna arrivé sur place en fin de matinée. Le chef des Transports a par ailleurs ajouté que le conducteur avait 31 ans, 7 ans d'expérience et que ce véhicule avait passé sa dernière révision le 18 juillet dernier.

Une enquête a été ouverte sur les circonstances de l'accident, a annoncé Renfe qui a désactivé son «plan d'assistance aux victimes et à leurs familles» vers 15h20.

L'accident s'est produit en plein mouvement de grève des services ferroviaires espagnols, qui avaient prévu d'assurer environ 66% du trafic sur ces lignes catalanes aux heures de pointe.

Commémoration

L'accident s'est produit alors que l'Espagne commémorait cette semaine la tragédie qui avait fait 80 morts, le 24 juillet 2013, à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Ce jour-là, un train arrivant de Madrid avait déraillé dans une courbe dangereuse, qu'il avait abordée à 179 km/h alors que la vitesse y était limitée à 80 km/h, dans le hameau d'Angrois, à quatre kilomètres de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Seul le conducteur a fait l'objet de poursuites. Mais, sous la pression des associations de victimes, la justice a rouvert l'enquête pour se pencher sur d'éventuelles négligences en termes de sécurité de la part du gestionnaire du réseau.

(nxp/afp)