France

10 décembre 2019 11:41; Act: 10.12.2019 11:41 Print

Un cadavre d'ours gênant: «On a tronçonné Olaf»

Un zoo du nord-est de la France a tenté d'envoyer la dépouille d'un ours polaire à la déchetterie, en juillet 2018. Le parc animalier a finalement dû gérer le problème par ses propres moyens.

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Le zoo d'Amnéville (nord-est de la France) n'en finit pas de défrayer la chronique. Il y a quelques jours, on apprenait que le parc animalier fichait ses salariés et ex-employés, qu'il déversait des produits dans la forêt, ou encore qu'il enfouissait des animaux. Lundi, France Bleu Lorraine a enfoncé le clou en révélant que le zoo avait tenté de faire disparaître le cadavre d'un ours polaire dans une déchetterie.

Star du parc animalier, Olaf est mort en juillet 2018 à l'âge de 31 ans. En pleine canicule, la direction s'est mise à chercher un moyen de se débarrasser rapidement du cadavre du plantigrade. Elle a alors fait appel à une entreprise de transport, qui a emmené la dépouille de l'ours polaire dans un site de retraitement des déchets non dangereux, à 21 kilomètres d'Amnéville. Ce centre a normalement affaire à des restes provenant de restaurants, pas vraiment à des animaux.

Une odeur insoutenable

Une fois le «colis» arrivé à bon port, les employés du site ont découvert avec effroi son contenu. Une odeur insoutenable émanait de l'animal en décomposition. «Il faisait une chaleur à crever. Avec les salariés du site, on ne voulait pas le vider», témoigne un conducteur. Devant le refus des travailleurs, la société de transport est repartie avec la dépouille d'Olaf, direction le zoo d'Amnéville. «Nous avons refusé un cadavre d'ours le 27 juillet 2018 et nous avons signalé l'incident aux autorités», confirment le propriétaire de la déchetterie et la direction de l'entreprise qui la gère.

Se retrouvant avec le cadavre de l'ours sur les bras, le zoo s'est résolu à gérer lui-même le problème. «On a tronçonné Olaf», résume un employé du parc animalier, qui ajoute que les soigneurs «n'étaient pas très heureux de voir ça. Même si c'est un animal, ça fait mal». Qu'est-il advenu du cadavre du plantigrade? Personne n'est en mesure de donner cette information. «On tentait de faire des économies partout, y compris sur l'équarrissage», explique une salariée. Un autre employé ajoute qu'il «ne passe pas son temps à regarder le contenu des bennes» qu'il transfère à la déchetterie. Il soupçonne avoir déjà transporté d'autres cadavres d'animaux, dont celui d'un lion.

(joc)