Drame en France

06 juin 2011 06:56; Act: 06.06.2011 15:08 Print

Un immeuble s'effondre et fait trois victimes

L'effondrement d'un immeuble d'habitation, dimanche soir à Montreuil, dans la banlieue de Paris, a fait trois morts.

storybild

L'effondrement s'est produit vers 23h. (Photo: AFP)

Une faute?

Une femme et deux enfants sont morts et huit personnes ont été blessées à Montreuil dans l'effondrement dimanche soir d'un immeuble vétuste en réhabilitation s... Une femme et deux enfants sont morts et huit personnes ont été blessées à Montreuil dans l'effondrement dimanche soir d'un immeuble vétuste en réhabilitation sur une maison occupée illégalement par deux familles maliennes, un accident qui a provoqué la colère du voisinage.

«L'immeuble qui s'est effondré était comme un château de cartes : il ne restait plus que les murs extérieurs et le toit, tout le reste n'était que vide, pas besoin de s'y connaître pour se dire que c'était dangereux de le laisser comme ça», s'insurge Marie, 30 ans, vivant en face des lieux du drame, rue Parmentier à Montreuil, dans la partie la plus aisée de cette commune de Seine-Saint-Denis

Dimanche vers 23H00, un ancien hôtel social de quatre étages s'est effondré pour des raisons indéterminées sur une maison d'un étage, qui était apparemment squattée par deux familles maliennes.

Trois morts et huit blessés

«Le bilan définitif est de trois morts et huit personnes blessées qui ont pu être secourue», a annoncé la préfecture de Seine-Saint-Denis, assurant lundi à la mi-journée qu'«il n'y a pas de victime supplémentaire sous les gravats».

Les personnes décédées sont «probablement la mère et ses deux enfants», a dit le porte-parole des pompiers, le lieutenant-colonel Frédéric Grosjean, précisant que la petite maison logeait 11 personnes.

Parmi les blessés «figurent cinq enfants et trois adultes», selon la préfecture.

D'après le porte-parole des pompiers, les deux premiers enfants, de 5 et 8 ans, évacués peu après le sinistre, sont «indemnes physiquement». Les six autres personnes sorties des gravats sont considérées comme «victimes en état grave du fait du nombre d'heures passées sous les décombres», a-t-il dit.

Sur place lundi matin, le procureur de la République à Bobigny, Sylvie Moisson, a annoncé avoir «ouvert une enquête en flagrant délit du chef d'homicide involontaire».

Elle a précisé que cette enquête viserait à déterminer d'éventuelles «responsabilités individuelles», relevant que «même dans des conditions météorologiques violentes, il est rare qu'un immeuble s'effondre de lui-même, il y a nécessairement un enchaînement des causes».

De fortes pluies, avec parfois de la grêle, s'étaient abattues dimanche soir sur une partie de la capitale et de sa banlieue.

L'enquête a été confiée à la sûreté territoriale.

Mais avant même ses conclusions, des voisins ont exprimé leur colère.

«La police passait souvent dans cette rue, elle voyait bien l'état de cet immeuble prêt à tomber, je pense que la mairie n'a pas fait son travail», a accusé Charles, 33 ans, qui dit vivre rue Parmentier depuis plus de trois ans.

Le maire de Montreuil, Dominique Voynet (EELV), avait répondu tôt lundi matin que "l'enquête montrera si c'est la façon dont les travaux ont été conduits, si ce sont les intempéries, si c'est la nature du sous-sol de Montreuil qui sont responsables de ce qui s'est passé".

Mais pour Jean-Marie, un voisin parlant lui aussi sous couvert d'anonymat, "les travaux effectués sur cet immeuble n'étaient pas sécurisés et c'est pour ça qu'il s'est effondré".

Quant à la petite maison, il "s'agissait bien d'un squat où deux familles vivaient depuis un certain temps", a déclaré Moussa Doucouré, président de l'amicale des Maliens de Montreuil.

(ats/afp)