France

04 juillet 2014 11:18; Act: 04.07.2014 14:58 Print

Une prof poignardée à mort devant sa classe

Le drame s'est déroulé vendredi matin à Albi, dans le sud-ouest de la France. C'est la mère d'un élève qui a commis ce geste.

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Une institutrice a été poignardée à mort vendredi à Albi dans le sud-ouest de la France, devant les enfants, par la mère d'un élève.

L'auteure de l'agression a immédiatement été arrêtée et placée en garde à vue après ce drame, révélateur de la hausse de la violence contre le personnel scolaire. «Selon les premiers éléments de l'enquête», elle «semble atteinte de troubles psychiatriques importants», a déclaré le ministre de l'Education nationale Benoît Hamon, qui s'est rendu sur place.

Les faits se sont déroulés à l'ouverture des classes dans l'école primaire publique Edouard Herriot, qui accueille selon le site internet de la ville d'Albi 284 enfants en maternelle et primaire (de trois à onze ans environ). La victime, mère de deux enfants en bas âge, enseignait en grande section de maternelle.

«Ce (vendredi) matin, une maman est arrivée avec un couteau et a poignardé devant les enfants une enseignante âgée de 34 ans pour une raison que l'enquête déterminera», a dit le procureur d'Albi Claude Derens. «Quand je suis arrivé sur les lieux, on essayait de la réanimer. Elle était en arrêt cardiaque dans sa classe», a-t-il ajouté. Les élèves et enseignants de l'école ont été évacués dans la matinée.

Sous le choc

Le président François Hollande a aussitôt réagi, dénonçant un «drame abominable» et annonçant la mobilisation des services de l'Etat pour prendre en charge les enfants et le personnel témoins du meurtre. Le Premier ministre Manuel Valls a exprimé son «effroi»: «C'est toute la communauté éducative qui est en deuil aujourd'hui», a-t-il dit.

Le ministre de l'Education nationale Benoît Hamon a pour sa part «immédiatement interrompu ses activités pour se rendre sur place afin d'adresser ses condoléances aux proches de l'enseignante et pour leur apporter son soutien», a indiqué un porte-parole du ministère.

«Il est profondément choqué par ce crime qui endeuille cette fin d'année scolaire. Ce drame confirme la nécessité de lutter contre les violences dans et autour de l'école, de protéger l'école, les enseignants et les élèves», a poursuivi le porte-parole.

Hausse de la violence

Si cet homicide est tout à fait exceptionnel, une récente étude de l'Insee publiée jeudi indiquait que plus d'une personne sur dix travaillant dans l'Education nationale déclarait avoir fait l'objet de menaces et d'insultes, soit près de deux fois plus que dans l'ensemble des autres professions.

Dans les collèges et lycées, ce sont généralement les élèves qui sont à l'origine des menaces et insultes tandis que dans les écoles, les enseignants sont le plus souvent la cible des adultes, principalement des parents, relevait l'étude.

L'étude soulignait également que l'âge est un facteur «très discriminant», les personnels âgés de moins de 30 ans étant les plus touchés par ces menaces et insultes.

Injures et menaces

Selon une enquête publiée en 2012, 35,8% des personnels se sont dits victimes d'injures, 17,1% de menaces, 14% de harcèlement (par des parents d'élèves ou même des membres du personnel), 3,6% de coups.

Près de la moitié (49%) des directeurs d'écoles élémentaires et maternelles se sont ainsi fait agresser verbalement ou physiquement par des parents d'élèves durant l'année scolaire 2012-2013, révèle une autre étude publiée en avril par le quotidien «Le Parisien».

(ats/afp)