Etats-Unis

07 février 2019 21:41; Act: 07.02.2019 21:41 Print

Elle fuit son violeur de père et tombe sur un pervers

Une adolescente de 14 ans a raconté à un homme rencontré sur internet qu'elle était maltraitée par son père adoptif. Au lieu de l'aider, l'individu a profité de la situation.

Une faute?

C'est un véritable cauchemar qu'a enduré une adolescente de 14 ans domiciliée dans le Tennessee (USA). La jeune fille était en contact depuis quelque temps avec un adulte, avec qui elle conversait via un jeu vidéo, Facebook et une application de messagerie cryptée. Le 24 décembre 2018, Savannah a confié à son correspondant que son père adoptif la violait, et que sa mère refusait de la croire, relate BuzzFeed.

Au lieu d'alerter les autorités, Bryan Rogers a demandé à l'adolescente de filmer la prochaine agression et de lui envoyer la vidéo par mail. «Je sais que tu ne veux pas le faire et je ne veux pas particulièrement voir ton père te violer. Mais il nous faut une preuve claire», a-t-il écrit à la jeune fille, avant de lui assurer que, sans cette vidéo, il risquait «de se fourrer dans un sacré pétrin».



Devant l'hésitation de Savannah, Bryan Rogers en a rajouté une couche pour s'assurer d'obtenir ces images: «Si tu obtiens cette vidéo, je peux te sortir de là, mais sans ça, tu retourneras auprès de ton papa et je vais avoir des ennuis. Je refuse de risquer de m'attirer des problèmes pour toi», a écrit l'Américain dans un tchat. «Je ne peux pas rester ici Bryan, je t'en supplie», lui a répondu l'ado qui, en désespoir de cause, a fini par exécuter les ordres de son interlocuteur.

Les enquêteurs ont retrouvé, dans l'ordinateur de Rogers, une vidéo de 7 minutes créée le 10 janvier. Les images montrent un homme violer Savannah. Après avoir reçu ce document prouvant les dires de la jeune fille, l'Américain n'a toujours pas alerté les autorités. Au lieu de cela, il a roulé du Wisconsin jusque dans le Tennessee pour aller chercher la victime, prenant soin d'éviter les péages et les stations-service équipés de vidéosurveillance.

La malheureuse, qui a elle-même appelé le FBI, a été retrouvée le 31 janvier dans un cagibi chez Rogers. Ses parents avaient déclaré sa disparition le 14 janvier. «C'est comme si votre esprit était arraché à votre corps. Vous ne pouvez pas réfléchir, vous ne pouvez pas manger, vous ne pouvez pas dormir, vous ne pouvez pas vous reposez. La vie a cessé depuis qu'elle a disparu», avait alors déclaré Randall Pruitt, le père adoptif de Savannah.

Randall Pruitt a été mis en examen pour viols et incarcéré. Sa caution a été fixée à 2 millions de dollars.



Quant à Bryan Rogers, il a expliqué qu'il n'avait pas transmis la vidéo du viol de Savannah aux autorités parce qu'il pensait qu'elle ne «tiendrait pas la route devant un tribunal». L'Américain a été mis en examen pour exploitation sexuelle d'un enfant et enlèvement. Il risque entre 15 et 30 ans d'emprisonnement.

(joc)