Affaire Marina

09 décembre 2011 09:07; Act: 09.12.2011 11:37 Print

«Cela fait dix ans qu'on tente de le soigner»

L'homme qui avait tiré sur un groupe d'ados à Genève en octobre 2010, blessant grièvement Marina, une jeune fille de 16 ans, a été condamné à 5 ans et six mois de prison.

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Le Tribunal criminel de Genève a reconnu vendredi l'agresseur de Marina coupable de tentative de meurtre, mise en danger de la vie d'autrui et lésions corporelles graves. Il l'a condamné à cinq ans et demi de prison, lui reconnaissant une responsabilité légèrement restreinte. L'accusé devra suivre un traitement ambulatoire pour soigner sa toxicomanie.

La procureure Fabienne Michon avait requis mercredi une peine de dix ans de prison pour tentative d'assassinat. Le Tribunal criminel ne l'a pas suivie sur ce point. A la décharge de l'accusé, les juges ont retenu le repentir sincère dont il a fait preuve, en téléphonant directement à la police après le drame.

Sensible mais malade

«Je suis soulagée que la justice n'ait pas considéré mon fils comme un assassin», a déclaré la mère de G.M., en larmes à la sortie du procès. Mon fils est quelqu'un de sensible, mais de très mal dans sa peau. Nous essayons de le soigner depuis dix ans». La mère de l'accusé espère qu'il pourra être soigné, et payer la dette morale qu'il doit aux victimes.

L'homme, âgé de 30 ans, avait tiré un coup de feu en octobre 2010 au Petit-Lancy (GE) sur des adolescents avec qui il s'était disputé quelques minutes auparavant. Le projectile avait entaillé la joue d'un garçon avant de se loger dans la tête de Marina.

Rappel des faits

Le destin de Marina a basculé un après-midi d'octobre. Elle se trouve avec quatre amies dans le préau d'une école, à discuter de choses et d'autres. L'accusé s'approche du groupe de jeunes filles pour tenter de lier connaissance. Il essuie un échec et une dispute éclate.

Trois garçons viennent alors en aide aux adolescentes et une nouvelle altercation a lieu entre eux et l'accusé. Ce dernier, se sentant frustré et humilié selon l'acte d'accusation, rejoint son domicile tout proche, et s'empare de son Glock 17. Il introduit dans l'arme un magasin chargé de dix cartouches.

L'accusé retourne ensuite dans le préau de l'école, le pistolet glissé dans son short. Marina, une de ses copines et deux garçons sont encore sur place. Le prévenu pointe son arme en direction des jeunes gens qui s'enfuient en courant. Il tire un coup de feu. La balle entaille la joue d'un adolescent et touche Marina à la tête. La jeune fille, âgée de 16 ans, a le visage à moitié paralysé. Elle devra vivre avec une balle dans la tête pour le restant de ses jours.

(Shahïn Ammane et les agences)

(ats)