Agressions à Perly-Certoux (GE)

21 novembre 2019 19:49; Act: 21.11.2019 20:00 Print

«En bande, ils se sentent pousser des ailes»

par Maria Pineiro - Après une série de vols à l'arraché et deux rixes, un jeune homme, victime d'une bande de Saint-Julien, témoigne.

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La commune de Perly fait face à des événements violents depuis plusieurs mois. (Photo: dr)

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Mercredi soir à Perly, devant 250 personnes venues écouter les autorités et la police tenter de les rassurer après une série de vols à l'arraché et d'altercations entre jeunes genevois et haut-savoyards, G., du fond de la salle comble, a pris la parole. Le jeune homme, qui fêtera sa majorité dans une semaine, a été la victime d'une expédition punitive menée taser au poing par des ados de Saint-Julien-en-Genevois (F) il y a une semaine. «J'ai failli perdre un œil et j'ai une dent cassée», a-t-il affirmé, la voix empreinte d'émotion.

Les faits se sont produits «vers 19h15, je devais rentrer manger à la maison pour la demi. J'étais avec un ami avec qui nous étions intervenus lors d'un racket il y a une semaine, raconte G.. C'est alors qu'entre quinze et vingt jeunes, agressifs, sont arrivés sur nous. On est partis en courant. Mon ami a réussi à s'échapper, moi, ils m'ont fait chuter et me sont tombés dessus pour me frapper à coups de pied.»

«Je préfère qu'il joue à la Playstation à la maison»

Cette altercation entre jeunes inquiète les familles. Mercredi soir, plusieurs parents avaient fait le déplacement. Alors que les jeunes disent ne pas avoir peur, tout en évitant de se balader seuls, des mamans s'inquiètent de voir leurs enfants dehors. «C'est le monde à l'envers, maintenant, je préfère le savoir à la maison à jouer à la Playstation plutôt que dans la rue.»

Perly, village accolé à la frontière et à Saint-Julien-en-Genevois, est-il devenu le terrain d'affrontement de bandes de jeunes rivales? «Non, assure G. Avant l'épisode du racket, il n'y a jamais eu de problèmes. Les médias ont parlé de bagarres, mais ce n'est pas juste, ce sont des agressions de la part de ces jeunes qui, en bande, se sentent pousser des ailes! Ce sont de fausses petites frappes.» Désormais, lui et ses copains doivent également faire face à l'inquiétude des habitants, qui lorsqu'ils croisent un groupe d'adolescents réunis se sentent en danger, comme ils l'ont dit mercredi soir. «On se voit dehors, parce qu'on n'a pas d'autre lieu,» se défend-t-il.