Exercice à Genève

09 novembre 2019 22:48; Act: 11.11.2019 15:40 Print

«En matière de sécurité, il n’y a pas de frontières»

par Léonard Boissonnas - Un entraînement géant à une attaque terroriste a eu lieu samedi au Stade de Genève. Il s'inscrit dans un plus vaste exercice qui dure cinq jours.

Vidéo: WebTV Genève
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«Je suis mort, je devais recevoir une ponction, mais je ne l’ai pas eue.» Quentin était l’un des cinquante figurants qui ont joué les victimes d’un attentat fictif, samedi, au stade de la Praille. Pompiers genevois et français, spécialistes des produits dangereux, démineurs, ambulanciers, médecins, policiers et armée: 350 personnes et des dizaines de véhicules étaient sur le pont. Cet exercice fait partie des six prévus jusqu’à mercredi pour tester le dispositif cantonal en cas de catastrophe NRBC (nucléaire, radiologique, biologique, chimique).
Exercice à Genève: une bombe au Stade de la Praille

La durée, un problème

«Le problème n’est pas l’événement en soi, mais sa durée, a expliqué le lieutenant-colonel Peter Brander, chef d’état-major de l’Etat-major cantonal de conduite de Genève. Il faut alors que des renforts arrivent». Ceux-ci viennent de France et d’autres cantons, notamment par le biais de l’armée suisse. Le but est d’entraîner la collaboration entre les différents acteurs, leurs processus et leurs équipements. «En matière de sécurité, il n’y a pas de frontières», a rappelé Laurent Paoliello, porte-parole du Département de la sécurité, de l’emploi et de la santé (DSES). Plusieurs lieux ont été choisis pour l’ensemble des exercices: Firmenich, le Cern, les Vernets ou la place d’armes d’Epeisses.

Bombe radioactive

Le scénario de samedi: une bombe avec de la matière radioactive a explosé. Des dizaines de victimes sont à déplorer, dont deux décès. Les pompiers du Service d’incendie et de secours de la Ville de Genève (SIS) prennent alors la direction des opérations. «On engage une grande alarme chimique renforcée et, au vu du bilan lourd, les unités de décontamination de masse, relate le capitaine Frédéric Jaques du SIS, qui pilotait les opérations sur le terrain. Un poste médical avancé avec un renfort médical très important est installé. Puis, en raison de l’intensité de la problématique, nos collègues français viennent en renfort, ainsi que la société civile, avec d’autres unités de décontamination de masse.»

S’ensuivent tri des blessés, décontamination dans les sas, contrôles et répartition entre les hôpitaux, selon les pathologies. «Notre principale difficulté est de contenir la totalité des blessés et impliqués dans une zone, poursuit l'officier du SIS. Le pire serait de ne pas les décontaminer ou de les voir partir dans la nature, car ils iraient potentiellement contaminer les HUG, d’autres hôpitaux, voire leur domicile.»

Co-opération «nécessaire»

Même si les pompiers genevois collaborent tous les jours avec leurs homologues français de Haute-Savoie et de l’Ain, l’exercice de samedi était important pour le SIS, relève Frédéric Jaques: «Pour nous, c’est la première fois qu’on engage la totalité de la chaîne de décontamination et de la prise en charge des victimes dans un contexte nucléaire-radioactif, rapporte-t-il. On peut tester aussi l’inter-opérabilité avec nos collègues français, primordiale dans la région genevoise, au niveau de la décontamination.»

Pour Alexandre Vautravers, chargé de mission auprès du DSES, de grands exercices comme celui-ci doivent être conduits de manière régulière, «peut-être chaque année ou chaque deux ans»: «Il faut faire en sorte que les partenaires se connaissent mieux et apprennent à développer des techniques communes, à homogénéiser leurs méthodes d’intervention et à coopérer dans le cadre d’une situation exceptionnelle, non prévue, déclare-t-il. Une catastrophe ne se définit pas par ses causes, mais par ses effets. Cela va toucher un nombre important de personnes et, donc, cette co-­opération sécuritaire est nécessaire pour réagir.»