Justice genevoise

09 juin 2011 16:56; Act: 09.06.2011 17:30 Print

«Il n’était plus dépendant à la méthadone»

par Raphaël Leroy - Un expert a été entendu au deuxième jour du procès du médecin accusé d'avoir tué un détenu de Champ-Dollon par surdose de médicaments en 2007.

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Le Tribunal de police s’est penché jeudi matin sur les causes de la mort du détenu de la cellule psychiatrique de Champ-Dollon, victime d’une surdose de médicaments en 2007.

Le médecin légiste Romano La Harpe a écarté l’arrêt cardiaque subit. Il a expliqué que le décès était dû «à une diminution de la capacité pulmonaire due à un cumul de substances dans le corps. Ce dernier n’ayant plus assez d’oxygène, le cœur s’est arrêté.»

«Il aurait mieux valu ne pas prescrire de méthadone»

L’expert a admis qu’en milieu carcéral psychiatrique les praticiens «devaient agir dans l’urgence » et que les doses médicamenteuses prescrites «pouvaient être plus grandes que celles recommandées.»

Il précise toutefois qu’il «aurait été préférable de ne pas prescrire de la méthadone en présence d’autres psychotropes pour éviter des risques mortels.»

«La victime n'était plus dépendante à la méthadone»

Cependant, les faits ayant eu lieu un vendredi, cela complique la prescription. «Le risque d’une overdose est plus forte le week end qu’en semaine, sachant que le médecin principal n’est plus là. Il fallait privilégier la prévention.»

Reste à savoir si la victime était un réel toxicomane. Selon l’expert, «l’homme n’était plus dépendant à la méthadone.» Le procès se poursuit vendredi prochain.